L’écologie relationnelle : de quoi s’agit-il ?

En quoi consiste l’écologie relationnelle ?

Le monde d’aujourd’hui est devenu fortement uniformisé. Ce fait avéré indique des crises à la fois écologique et sociale. Par le biais de leur ouvrage intitulé « Toutes les couleurs de la terre – ces liens qui peuvent sauver le monde », deux chercheurs, Damien Deville et Pierre Spielewoy, nous proposent de développer le concept d’écologie relationnelle afin d’y remédier. Mais en quoi consiste cette approche ?

Le sombre bilan dressé par les deux chercheurs

Dans leurs ouvrages, Pierre Spielewoy, juriste en droit international et doctorant en anthropologie du droit et Damien Deville, géo-anthropologue nous dressent un lourd bilan. Des centres-villes qui se ressemblent, des campagnes abandonnées, des politiques de développement standardisées, des exclusions sociales ou encore des identités socio-culturelles détruites, telles sont les faits indiquant l’uniformisation du monde auquel nous vivons. Le capitalisme, l’ontologie naturaliste occidentale et le cartésianisme en sont les coupables.

Afin de sauver le monde de ces fléaux, les auteurs nous proposent de réapprendre à tisser des liens, d’accepter l’existence d’autres mondes, d’admettre d’être vulnérable et d’être interdépendant avec l’environnement.

Le début du processus d’uniformisation

L’histoire de cette uniformisation fait l’objet de nombreuses discussions. Toutefois, les auteurs affirment que ce processus est apparu avec l’apogée du capitalisme, de l’urbanisation ainsi que de la recherche de territoires plus compétitifs les uns que les autres. D’ailleurs, les deux chercheurs ont mis en exergue trois grandes idéologies ayant eu un impact sur la transformation des contrées française :

  • L’ultra spécialisation économique régionale,
  • La création des pôles de compétitivité,
  • L’uniformisation et la compétition entre les grandes villes.

Cette uniformisation des territoires serait également le fruit de la pensée écologique ayant prôné la création d’espaces séparés entre humains et non-humains.

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Une uniformisation heureusement réversible

Selon les auteurs, séparer l’humain du non-humain et la nature de la culture a contribué à la destruction de notre monde. Toutefois, cette uniformisation naturaliste des esprits n’est en rien inéluctable. En effet, si d’autres modèles de société, tel que les Dogons du Mali ou les Achuar d’Amazonie ont adopté une vision tout à fait contraire à la nôtre, nous pouvons nous en inspirer en redécouvrant et en optant pour des pensées différentes. Les deux auteurs proposent ainsi de multiplier les approches individuelles, d’adopter une avance relationnelle spécifique au lieu d’un abord normatif.

L’écologie rationnelle, une approche par la relation

Selon Pierre Spielewoy, l’écologie relationnelle prend son sens dans la recherche d’espaces ouverts pouvant recevoir et rassembler la diversité, humaine et non-humaine. De son côté, Damien Deville affirme que la solution serait la désurbanisation de la terre. En effet, l’auteur prône le retour à la campagne, le maintien de l’identité culturelle et du métissage. Pour éviter les éventuelles tensions, il est essentiel de trouver des symboles territoriaux rassembleurs et de penser au développement de l’identité propre du territoire et de son attractivité.

La sensibilité à la diversité

Le changement des récits, des symboles et des imaginaires constitue des éléments nécessaires si l’on veut propager l’écologie relationnelle. Aussi, Pierre Spielewoy affirme-t-il que vu l’urgence de la situation, il est primordial d’être sensible à la diversité environnante et de se laisser séduire. Damien Deville, quant à lui, met en garde contre la volonté de globaliser les choses. Le géo-anthropologue prône pour le développement d’une approche pluriverselle et la mise en relation des mondes différents.

L’écologie relationnelle en politique

La mise en œuvre de cette diversité des mondes ne relève pas de la compétence de l’État-nation. En effet, selon les auteurs, la région constitue la meilleure échelle si l’on veut obtenir et entretenir des relations de bonne qualité. À Damien Deville de souligner que ce ne sont pas seulement les élus qui créent des mondes. Au contraire, chacun de nous est un individu politique ayant un vécu et des compétences diverses riches d’enseignement.

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