|
Portraits et scènes - La figure souveraine
"Art conceptuel, qui privilégie l'idée artistique au détriment de son apparence."
"Au détriment : au désavantage, au préjudice de." L'art contemporain est l'affaire de tous ceux qui vivent au même moment, comme le dit la définition et non l'objet d'une minorité détentrice d'un esthétisme normalisé, d'une machine à produire du "neuf". De toute manière, à peine prononce-t-on le terme d'avant-garde qu'il faut déjà regarder derrière son épaule pour l'apercevoir. Question de point de vue. Comme disait Claude Lévi-Strauss dans "Le regard éloigné": "L'avant-garde vise si loin qu'elle dépasse la cible". La vraie question est : que restera-t-il d'un tas de sable ou d'une toile monochrome ? Est-ce important ? Mais alors, où est la part de pérennité de la création ?
Après un siècle de déstructuration de l'image humaine, le temps est revenu de donner libre cours à la joie de la représentation du réel en peinture, ainsi que peuvent se le permettre les dessinateurs de BD qui ont réinvesti le monde perdu des peintres figuratifs. A une époque où il est tant question de mémoire, nous pouvons recevoir la quintessence de chaque période de l'histoire et la réactualiser.
L'image humaine se renouvelle chaque fois qu'un artiste la restitue après osmose, en dégage l'esprit, avec son intelligence, sa sensibilité et son ETHIQUE. L'ombre et la lumière créent le volume, le contraste le caractère, la ligne le mouvement. L'ensemble exprime la vie jusque dans le moindre objet dont se sert l'homme. "Nature morte", dit-on ? Dans les langues germaniques, cela se dit : "Vie tranquille", "Still life", Stil leven".
L'intérieur, le jardin, le bistrot, la rue, tout est bon. Partout où il y a trace d'humain, l'artiste poursuit sa quête. EG
|