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Le bel hommage à Didier Müller
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001 Jacques Hazera le 02.11.2010 - 18:38 EN MEMOIRE DE DIDIER MULLER Merci à vous tous d'être présents pour ce moment de mémoire à Didier Muller.
Il est d'autant plus exceptionnel que si Didier n'avait pas été forestier, il aurait été guide de haute montagne. Il est décédé en montagne. Né au pays de Gex, au pied des Alpes et du Jura, il gravit très tôt leurs sommets, puis d'autres, plus loin, très loin, en Suisse, dans les Pyrénées, puis en Afrique, continent qui conquit son cœur.
Que d'heures passées ensemble sur sa conception d'un monde meilleur, cause pour laquelle il s'engagea pleinement, personnellement et professionnellement, puisqu'il consacrait une semaine par mois, puis un mois par an, bénévolement, à d'autres cultures forestières que celle de "rente". Nous nous sommes connus à Poisy, l'autre école préparant au BTS "productions forestières" d'alors. Meilleur élève que moi, il fut admis dès sa première candidature en 1976 ; je dus attendre l'année suivante pour y être admis, ayant fait mes armes dans le bûcheronnage, le négoce et la sylviculture. Mon admission tient plus de la philosophie hégélienne qu'à mon expérience (le jury était présidé par un ancien conservateur des Eaux et Forêts, romantique à souhait).
Dès son arrivée en Aquitaine, il devint enseignant au Lycée Forestier de Bazas de 1979 à 1981, par passion de transmettre un savoir, de partager des points de vue.
Dès mon arrivée en Aquitaine en 1989 pour y prendre en charge les formations forestières, je fus immédiatement immergé au sein des Coopératives et des Comptoirs du Pin ; je visitais pendant deux mois chaque agence et chaque comptoir. C'est lors d'une visite sur le terrain avec Roger que j'ai retrouvé Didier : Barbour, bottes, tachymètre et planchette en main, en train de chronométrer les tracteurs sur un chantier de reboisement.
Dès la création du BTS forestier à Bazas, il a naturellement intégré l'équipe pédagogique. Ses venues étaient toujours attendues autant par les élèves que par moi-même. Il arrivait toujours très tôt, pour me parler, m'expliquer le cours ou le TP qu'il avait préparé. Minutieux, appliqué, les étudiants étaient avides de ses interventions, tant en topographie que dans la préparation de PSG. Avec lui, tout était parfait.
Car en octobre 1990 il avait créé ATF, pour « Applications Techniques Forestières », son premier bébé… avant que ne naissent d'autres bébés, plus actifs la nuit : Charles en mars 1991 et Emile en juin 1992. Il avait épousé Claire le 8 juillet 1988. Toutes ces créations ne le détournent pas d'une parole qu'il a donnée à l'Association des Volontaires du Progrès, ni à un engagement auprès de la FAO. Il ira d'abord au Burundi, de 1981 à 1983, responsable d'un projet de la Banque Mondiale, puis fera des missions au Tchad, au Kenya, au Niger et au Nigeria, en Tanzanie et au Burkina-Faso, au Mali et en Guinée, puis en Afrique du Sud. Il deviendra vite "Monsieur Gommier", spécialiste de la culture des Acacia senegal et autres Acacia seyal. Mais pas seulement de l'acacia. De la nature aussi. La nature, il la connaissait bien. En réponse à la question d'une de mes amies résidente en Ethiopie, qui s'interrogeait sur la flore qu'elle avait photographiée à la frontière Erythrée / Somalie, il me répondit du tac au tac :
Et Didier continue aussi sa quête de connaissances. Il passe brillamment le DESS CAAE (Certificat d'Aptitude à l'Administration des Entreprises) à Bx IV en 1999, et suit les formations de Pro Silva. Une sylviculture proche de la nature lui était familière, venant de l'Est, habitué aux futaies irrégulières, voire jardinées. Pourquoi ne pas l'appliquer au Pin Maritime ? Expert des techniques de sylviculture intensive du Pin maritime, il en connaissait des défauts, ses problèmes d'investissement important, et l'équilibre avec la nature. La régénération naturelle du Pin maritime est-elle possible ? Comment l'obtenir, la favoriser, l'entretenir et la conduire ? Lors des travaux du GIP EcoFor, il n'imposa pas ses convictions. Il souhaitait les exposer, en débattre, argumenter… Il fut convaincant, puisque ses options ont été retenues dans les arrêtés de reconstitution. J'ai déjà eu l'occasion de le dire en pays de Gex, à St Genis-Pouilly, et je le redis aujourd'hui : son combat pour une autre sylviculture, il l'a mené à bout. A d'autres bien sûr de mettre en pratique, d'expérimenter. L'administration accompagnera et suivra ces essais, et les validera s'ils sont concluants. Il a obtenu son titre d’expert forestier en 1999 et venait d’être élu Vice-Président du Comité des Experts Forestiers du Sud-Ouest. Pour terminer ce long discours, une citation de Didier en réponse à une photo accompagnant mes vœux 2010, que j'avais intitulée « De sommets et sommets » à son intention :
Cette terre dont nous allons tous jeter une pelletée n’est pas destinée à un enterrement. Elle n'est pas pour une tombe ; elle est au contraire le symbole d’une vie qui démarre ; elle sera le terreau où va demain fleurir et fructifier un jeune pommier. Merci à vous tous d'être là.
__________ Ceux qui le souhaitent peuvent télécharger ce discours sur mon blog : http://www.Pijouls.com/blog/
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