Adiu Sud-Gironde le "village |
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Compagnie
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L'HISTOIREA la suite d'interview pour la télévision sur les survivants de l'holocauste une vieille dame se sent à la fois piégée et libérée d'avoir retrouvé son histoire ; dans son appartement, assise auprès de sa fenêtre, elle raconte à nouveau l'histoire de sa vie ; elle est seule, elle dialogue pourtant. Peu à peu, au fil du récit, les souvenirs s'égrènent, et nous comprenons que nous sommes cet interlocuteur.
L'AUTEURSuzanna Tamaro est née en 1957 à Trieste. A la suite de son grand-oncle Italo SVEVO qui dut fêter ses trente sept ans avant de voir paraître Senilita, Suzanna Tamaro a essuyé de nombreux refus avant de remporter le concours des éditions Marssilio et de voir son premier roman : La tête dans les nuages bientôt couronnés par le prix Elsa MORANTE. Elle publie ensuite un conte pour enfants : Cœur de lardon, et un recueil de nouvelles au ton plus violent :
LE TEXTEMartine Amanieu a adapté ce long monologue d'une soixantaine de pages pour la scène. Elle a écourté certains passages qui lui semblait être plus du domaine du silence et du jeu de l'acteur que de la parole. C'est une langue simple et directe, le texte est écrit avec beaucoup de retenue. Il n'y a pas d'effets, pas de grandiloquence. L'auteur semble presque absent, il s'efface au profit de son récit, il lui laisse la place.
NOTES D'INTENTIONVictimes directes ou indirectes, nous sommes tous issus d'une guerre et nous survivons dans sa réalité ou dans sa mémoire . La peur les silences, les yeux que l'on voit soudain se remplir de larmes solitaires pourquoi n'est–il pas possible d'arrêter, de se regarder dans les yeux et de se parler, quand j'ai lu ce texte, j'ai eu l'impression d'avoir rencontré une grand mère que je n'avais jamais eue, comme si nous nous étions parlées avec amitié toute une après-midi.
MARTINE AMANIEU Long monologue, « POUR VOIX SEULE » est un appel à la mémoire ; c'est la voix d'une de ces personnes anonymes qui ne savait pas qu' un jour elles feraient malgré elles partie de l'histoire. Elle a parlé de sa mère morte dans les camps nazis, de sa fille et de son mari traumatisés par la guerre. « POUR VOIX SEULE » est un lien entre le passé que la plupart d'entre nous n'avons pas connu, la guerre, et une réalité, la solitude des personnes âgées, que nous connaissons. C'est ce mélange de ces deux réalités qui m'a touché le plus. La façon dont la société fabrique des exclus commence par notre attitude envers nos proches. Que reste–t-il à quelqu'un après une vie, s'il n'a même plus la possibilité de parler ? La résistance des vivants passe par la parole, se libérer et tenter de comprendre le sens de sa vie. La mise en scène d'un tel texte demande une grande simplicité. La difficulté consiste à garder le spectateur en état de réceptivité jusqu'au bout. Il faut alors que la comédienne soit puissamment investie de sa mission, et qu'elle soit nourrie de façon que ses émotions soient toujours retenues. L'espace scénique suggère son appartement, un plancher sur lequel est posé son fauteuil et une bougie allumée. HENRI BONNITHON Coupures de presse : Dauphiné Libéré du 26.08.04 & L'éveil Hebdo du 03.08.04. |