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"L'été 80" & "Le camion" de Marguerite Duras
Photo : 2048 x 1536, 652Ko

L'été 80 de Marguerite Duras

Lecture-musique. Chronique de l’actualité politique de l’été 80.
Martine Amanieu (texte dit), Alice Amanieu (piano).
Extrait : "...L'opacité de l'avenir a toujours troublé notre tête fragile et douloureuse, ce ratage poignant d'ordre divin. C'est cette opacité du lendemain qui a porté l'homme vers les dieux et qui le porte encore corps et biens vers le culte de cette instance de l'Etat. Sans sa peur, l'homme irait seul et sans aide au devant de l'inconnaissable de sa vie. Mais a-t-il été une seule fois cet homme là ? Non. Toutes les civilisations se sont attribuées le privilège du savoir de cette opacité fondamentale. Et toutes en ont abusé. L'etat c'est l'institution de cet abus...."

Le camion de Marguerite Duras

Une premiere lecture a été donné lors de la manifestation d'Octobre Blues à l'Estaminet d'Uzeste le 8 octobre 2002. Le journaliste Philippe Méziat écrivait dans Sud Ouest gironde :"Martine Amanieu a choisi de lire le Camion de Marguerite Duras, avec Dominique Unternehr ; soutenu par un désir très vif, un engagement manifeste, elle a trouvé la juste scansion de la prose durassienne, la voix de l'écrivain. C'est en même temps très beau et très fort, les multiples reprises de ce qui pourrait apparaitre comme une écriture minimale font lentement surgir tout l'enjeu de la chose, réglement avec le PC, avec le cinéma, avec le monde. Bernard Lubat glisse en douceur quelques commentaires acidulés, ou, tout simplement se tait et reste là. L'art très difficile de la lecture publique est ici transcendé."

Cette lecture a été reprise en aout 2003 avec Michel Richard pour la Hestejada de las arts en grève et en octobre 2003 avec Alain Raimond à la librairie La Machine à lire à Bordeaux, puis en avril 2004 avec Dominique Unternehr au festival clair de ville à Bx-Bastide.

A propos du camion, du film, Marguerite Duras écrivait :"dans le camion, l'histoire, le prétexte à parler de l'amour a disparu. La dame du camion vit un amour d'ordre général. Elle ignore le vivre. Tout entière tournée vers le dehors, elle est entrée dans un processus de disparition d'identité. Non seulement elle ne sait pas qui elle est mais elle cherche qui elle pourrait être. Dans le camion il ne lui reste plus d'autre référence à une identité possible que cette pratique de l'auto stop. Elle n'est plus qu'une auto-stoppeuse. De même qu'elle m'est apparue je la vois disparaitre, elle arrête un autre véhicule et me quitte pour toujours ; elle se tient ainsi quelque part abolie, dans un état constant d'attente, d'attente d'elle-même, dans le souhait d'être tout à la fois. Son mouvement vers le tout, c'est pour moi celui de l'amour. La dame du camion ne s'ennuie plus. Elle ne recherche aucun sens à sa vie. Je découvre en elle une joie d'exister sans recherche de sens."

 modif | admin • màj : 25 janvier 2010 à 17h54