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C’était notre 4e visite cette année, visite importante car l’association World People Service s’est dotée d’un centre permanent d’agro-écologie au village de Ndiémane, à 100km au sud de Dakar en pays Sérere.
Nous y avons acquis un terrain de 1,2ha sur lequel il y a deux cases en bon état et un local sanitaire .Cette propriété avait été mise en culture Bio il y a 6 ans mais, est tombée en friche à l’époque, faute de moyens humains et financiers.
Le tout est entouré de haies vives (impénétrables par les troupeaux) et muni de diguettes anti-érosives. Dans la foulée, l’un des initiateurs de l’ancien projet, ingénieur en agro-écologie formé au Ciépad par Pierre Rabhi, à décidé en partenariat avec nous, de remettre également en état les 3 autres hectares, munis, aussi, de cases et des protections anti-érosives.
Une forte synergie a donc été trouvée, ce qui porte à ce jour le nombre de nos collaborateurs à 5, tous natifs du lieu.
Comme le maraîchage Bio est déjà enseigné et pratiqué un peu partout dans le pays, nos priorités vont se concentrer sur la production des céréales (mil, sorgho et mais), des légumineuses et des oléagineux (arachide et niébé).Toutes ces productions sont actuellement à 99% dépendantes du brûlis en Juin et de l’amonitrate en Juillet-Aout, sans parler des pesticides.
Pour permettre de libérer ces cultures des dépendances extérieures, nous avons mis en chantier la restructuration, disons le « remembrement » des terres démembrées par les monocultures,en espérant que l’exemple sera un jour généralisé.
Cela consiste d’abord à bien mesurer les niveaux des sols pour ensuite les restructurer en parcelles plates pour éviter l’érosion pluviale. Elles sont ensuite entourées de diguettes anti-érosives et de haies.
Comme ces terres ne sont pas plates, un certain chamboulement des couches du sol doit se faire. Opération qui oblige a mettre les hauts vers les bas, et vice versa. Nous aurions préféré éviter ce procédé mais existe-t’il un autre moyen pour supprimer les pentes ?
En principe, l’opération pour niveler le sol des parcelles s’effectue à l’aide de la houe locale dont on enlève les socs, pour les remplacer par une lame. La machine est tirée par un cheval ou un âne. (voir photos)
Le fait de devoir couvrir certaines couches superficielles avec des sols plus profonds provoque une infertilité temporaire, mais elle peut être compensée par la méthode dite du « Zai », qui consiste, avec l’aide de la houe à main, a creuser des trous (bien alignés, pour permettre les binages). Ces trous ou poquets, sont remplis de compost en début de saison de pluie et semés dans la foulée. Cette méthode épargne et optimise l’usage du compost de sorte que, même en sols épuisés (ce qui est le plus souvent le cas), les résultats des récoltes sont égaux, voire supérieurs à ceux de l‘agrochimie, tout en étant moins exigeants en eau.
Le problème, c’est que tous ces semis sont actuellement effectués par un semoir tiré par un cheval. Cette méthode (qui convient dans le cadre de l’agrochimie), demande beaucoup moins de travail manuel que la méthode du Zai, c’est vrai, toutefois, ce travail là, exclusivement manuel grâce à la houe a main, peut se faire durant la saison sèche, là ou les paysans ont vraiment le temps.
Toutefois, le jour où les sols auront retrouvé leur fertilité originelle, l’usage du semoir pourrait se faire a condition d’avoir beaucoup de compost a épandre sur toute la surface. Cependant, étant donné que les parcelles seront très souvent rendues plus petites (voire restructurées en terrasses afin de les rendre plates), le travail par machines tractées sera souvent impossible rendant obligatoire le travail manuel.
Combattre la désertification est le problème n°1 de l’Afrique. Or, comme ce sont surtout les grandes surfaces céréalières qui sont concernées, la révolution agro-écologique est incontournable.
A ceux qui pensent que les habitudes acquises seront difficiles a changer on peut répondre ceci : "puisque vous avez étés capables de changer vos habitudes suite aux mauvais conseils des blancs, et que le désastre est bien là, n’est ce par le bon moment de renouer avec vos traditions tout en profitant de certains acquis modernes qui vont vous faciliter la tache ?"
Notre association a promis de financer plusieurs dizaines de creusements de puits à eau, sommes remboursables en deux ans. Toutefois, ces travaux ne pourront commencer qu’après les restructurations anti-érosives. Travaux qui sont du ressort des paysans eux mêmes. A défaut, ces puits seraient rapidement taris et, en certaines régions, remplis par de l’eau salée.
De ce fait, vouloir, pour des raisons humanitaires, faire don de puits sans les exigences préalables décrites, peut devenir un cadeau empoisonné !
Les stages en agro-écologie sont gratuits pour les natifs. Des bénévoles occidentaux sont les bienvenus à condition qu’ils puissent se contenter des conditions de nourriture et de logement locales.
Les visites, (entreprises depuis 3 ans) dans les villages pour apprendre aux femmes à cuisiner avec le soleil, ou à cuisiner avec le poêle économique en l’absence de soleil, seront continuées durant toute la saison sèche. Le micro-crédit, comme expliqué plus haut est maintenu, toutefois, vu le nombre grandissant de contrats a mettre en place, l’association aura besoin de fonds supplémentaires.
Toute aide en ce sens sera la bienvenue !
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en 2006, sept conférences ont été données dans les collèges ou lycées. Après deux heures de débats, les élèves se ruent dehors pour assister à l'ouverture du four solaire, pour vérifier si les légumes, le riz, les oeufs et le poisson sont bien cuits. Brigitte, qui conduit les stages de cuisine solaire, risque parfois l'étouffement à cette occasion !
le centre d'agro-écologie, au Sénégal en pays Serere, a commencé à fonctionner le 1er octobre 2006.
le jardin du centre, de 1,2ha, est bien protégé des troupeaux ; le puits à eau est intarissable, parce que zéro érosion pluviale.
l'une des cases du centre avec l'équipe des bio-jardiniers locaux.
juin 2006. Le village de N'Diemane, où se trouve notre centre, devra désormais avec ses 3000 habitants, montrer l'exemple au pays, en compostant les matières organiques, plutôt que de les brûler.
au milieu, le chef du village, très favorable à l'agro-écologie ; à sa gauche, Birame, notre maître de stages.
toute matière organique est soigneusement ratissée pour faciliter les semis. Au lieu de la composter, mélangée aux bouses de vaches, elle sera brûlée.
chaque année, en juin, le pays est "en feu". Nous espérons que le coût des engrais chimiques nuos aidera à endiguer cette désastreuse habitude.
paysage "propre", après brûlis.
en Casamance aussi, faire brûler les forêts reste une habitude.
aménagement des diguettes anti-érosives.
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