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le coin philo
Ce recueil des Œuvres de Fernand Deligny (1913-1996) paraît un peu plus de dix ans après sa mort. Il reconstitue en près de 2000 pages de textes, images, fac-similés, les étapes d’une trajectoire qui conduisit cet éducateur sans patente de la lutte contre l’institution « Sauvegarde de l'enfance » à une approche expérimentale de l’autisme. Il rassemble pour la première fois l’essentiel de son œuvre, éditée et inédite : de Pavillon 3, ses premières nouvelles (1944), aux textes sur l’image des années 1980. Il s’achève sur quelques pages manuscrites de sa dernière et monumentale tentative autobiographique, L’Enfant de citadelle.
123 notions-clés pour mieux comprendre le monde contemporain. Naguère affaire de spécialistes, la philosophie – il y a tout lieu de s’en réjouir – est depuis quelque temps descendue dans la rue, comme en témoigne le succès des « cafés philo », sortes d’agoras modernes où sont discutés, non sans naïveté mais avec une fraîcheur et une passion revigorantes, les sujets essentiels ou les questions du moment. Destiné à tous les « philosophes de comptoir », comme certains les appellent sans chercher à masquer leur agacement, cet ouvrage présente de façon simple et claire les thèmes principaux de la philosophie, de A comme action à V comme volonté. Les thèmes sont classés par ordre alphabétique, à raison de 2 à 4 pages par entrée avec, à chaque fois, les définitions, les interprétations erronées, les grandes controverses, des citations, des exemples, des anecdotes, et des histoires drôles. L’ouvrage peut se lire comme un manuel pratique, un livre d’initiation aux outils conceptuels de la philosophie. Cultivant l’humour et l’impertinence, il a aussi une portée critique (combattre les lieux communs, les idées toute faites). Mettant en perspective les grandes questions d’actualité, il a enfin une fonction didactique (éclairer les « ténèbres » du présent à la lumière de l’histoire de la pensée).
Lexique des lieux communs d'aujourd'hui par Christian Godin Editions du temps."La civilisation des loisirs : L'expression de "civilisation des loisirs" est née à la fin des années 1950 en plein milieu de ce que l'on a appelé les "Trente glorieuses", au moment où les populations des pays développés semblaient enfin sortir de la dure nécessité du travail telle qu'elle avait été produite par la révolution industrielle. A la même époque, l'expression de "société de consommation" disait quelque chose de voisin : désormais, l'être humain n'aurait plus à passer le plus clair de son temps à travailler, grâce à la formidable libération des servitudes que représentent les progrès technologiques. Ainsi imaginait-on, comme dans les utopies, l'homme utilisant ses journées à lire, à écrire, à voyager, à faire du jardinage... Si nous définissons les loisirs non par l'amusement mais par la disponibilité d'un temps sans travail nécessaire, alors bien des sociétés avant la nôtre ont été des sociétés de loisirs. Durant le Moyen Age chrétien, la moitié de l'année était fériée. Dans les sociétés anciennes et primitives, le travail occupait cette même place très minoritaire. Marshall Sahlins, auteur d'un ouvrage devenu classique, "Age de pierre, âge d'abondance", estime à quatre heures par jour le temps de travail moyen de l'homme de la Préhistoire. Ceux qui connaissent Bali pour l'avoir visitée se sont rendus compte que la moitié du temps utilisé par les habitants de cette île indonésienne restée hindoue dans un environnement musulman est consacré aux fêtes religieuses et aux spectacles, - donc à ce que nous pouvons nommer au sens large des loisirs. En fait, la civilisation des loisirs, si tant est qu'elle ait existé, est derrière nous. C'est la révolution industrielle qui a mis les populations au travail : n'oublions pas que dans leur zèle, les révolutionnaires français voulurent même instituer des semaines de dix jours, afin que les "dimanches" soient moins nombreux !" "La philosophie pour les nuls" Christian Godin
Christian Godin, maître de conférence à l'université de Clermont-Ferrand, est un philosophe du vingt-et-unième siècle dont l'oeuvre considérable réunit l'histoire philosophique et les grands thèmes actuels sur un plan éthique. Qu'il s'agisse de bio-éthique ou de social, il pose les questions essentielles et s'efforce d'y répondre - non sans humour - avec le souci constant du respect de la personne humaine. Entre autres publications : "La Totalité" en sept volumes et "La fin de l'humanité" chez Champ Vallon, "Au bazar du vivant" avec Jacques Testart, "Dictionnaire de Philosophie" Editions du Temps.
La philosophie de Heidegger est-elle nazie ? La question de savoir si Heidegger était nazi ne se pose pas, car la réponse est évidente : non seulement Heidegger s'est inscrit au parti nazi mais son engagement a, jusqu'à sa mort, été beaucoup plus profond qu'il n'a bien voulu l'admettre et surtout, beaucoup plus profond que ses disciples et dévots en France n'ont voulu se l'avouer. C'est de France, en effet, qu'est venu le grand mouvement de réhabilitation qui, après 1945, aboutit à ne plus voir dans l'engagement politique du philosophe qu'une donnée tout à fait indifférente à sa philosophie.
La dissolution de l'art vue par Hegel "On a traduit en français brutalement par "mort de l'art" l'expression hégélienne qui contient plutôt l'idée de dissolution (Auflösung). Peu importe. Que veut dire le philosophe lorsqu'il annonce à la fin de son Esthétique la mort de l'art ? Non pas qu'il n'y aura plus personne pour dessiner ou composer, mais que l'art a fait son temps en ce sens qu'il n'est plus au centre de notre culture, que ce n'est plus lui qui fournit nos valeurs d'existence.
A propos de Kant :
"Les plus grand philosophes, comme les plus grands artistes ou les plus grands savants, ne sont pas des icônes – surtout les plus grands philosophes, serait-on tentés de dire. On remplirait un gros volume à consigner les bêtises qu'ils ont pu dire et faire. Les inepties dont ils ont pu se rendre coupables, les absurdités qu'ils ont proférés avec la meilleure conscience du monde. Les plus nobles et plus fins esprits n'échappent pas à cette faiblesse. Sur les femmes, les esclaves, les enfants, les sauvages, en d'autres termes sur tous les êtres humains qui avaient ce point commun d'être différents d'eux, les philosophes ont, à de très rares exceptions près, partagé les préjugés les plus grossiers de leur temps, donc de la masse des hommes qu'ils méprisaient souvent pour leur supposée sottise.
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