Galerie Edith Gorren
Peintre figuratif en Sud Gironde, Aquitaine.
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Gourgas 1977
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Gourgas 1977
Nos années en marge.
Pour tous ceux qui connurent l'épopée cévenole et s'en remirent difficilement.
Gourgas, un lieu mythique, un ancien monastère entre deux montagnes jumelles, ce qui n'est pas rien quand on songe à tous ceux qui s'y sont réfugiés et dont on ignore si c'était dans la crainte de Dieu ou de la société.
Plus récemment, c'était pour la deuxième raison. Un refus, une révolte, une utopie. Un rêve.
Un endroit qui avait connu le feu, le bruit et la fureur - il suffisait de voir les murs noircis de la grande cuisine pour s'en convaincre.
Mais aussi la vie quotidienne dans un pays où il y a toujours une chèvre qui traîne, ça relativise.
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C'est la face cachée des maisons qui en révèle le plus.
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Tout commença à Limoux dans l'Aude.
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Cette voiture nous conduisit à Gourgas par un jour radieux.
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Charly était là, c'était un enfant du quartier d'Endoume, à Marseille.
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Dali aussi, c'était un travesti de Marseille qui avait pris le maquis.
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Pendant qu'il (elle) posait, il (elle) nous racontait sa vie...
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Haute en couleur et en malheur. Une immense compassion nous animait et le feu de la jeunesse, toujours prête à lutter pour la métamophose du Léviathan.
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Bref, ils n'étaient pas là pour des cors aux pieds.
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Nous, c'était Dominique.
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Et Jeanne.
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Et Moi.
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En ce temps-là,
comme aujourd'hui,
nous refusions le système établi.
Nous voulions un monde où la vie
ne serait pas assujettie au fric.
Où il suffirait de naître pour exister
sans devoir en sus la gagner
au concours de dupes.
Naïfs nous l'étions, mais logiques :
sans rêve, pas de devenir.
Les grands bouleversements ont toujours été générés
par quelques utopistes.
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Il ya des vérités qu'il faut parfois hurler.
Même si ça casse les oreilles de ceux qui croient avoir tout bien, alors qu'avoir n'est pas être.
Si écrire est une arme, parler ou crier n'est pas tuer.
Ceux qui prônent la violence et revendiquent encore leurs assassinats de l'époque sont de dangereux imbéciles, rien de plus, rien d'estimable.
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C'est le quotidien qui fait évoluer. Même si Michèle fait la cuisine tandis qu'un gars non indentifié médite avec un air intelligent.
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Pierrot met la main à la pâte et la ratatouille dans les poches pour le congélateur.
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Puis il se roule une clope même s'il préfère les toinges parce qu'il y en a ici que ça agacerait.
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Chantal a décidé d'être mère.
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Elles raconte aux enfants la vie des gens "normaux".
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Elle fait du crochet parce qu'il faut apprendre le rôle et que ce n'est pas facile.
Parfois elle ne sait pas très bien où commencent et finissent les limites de son corps.
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Montrer la couture à Boris et à Mathilde en fait partie. (D'ailleurs aujourd'hui ils savent coudre tous les deux...)
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Mathilde aimerait bien détourner une pelotte...
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...pendant qu'elle mange une pomme.
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Finalement elle joue avec les plumes du paon...
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...puis elle affronte le vaste monde du dehors.
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...le parc ombragé aux grands arbres un peu mystérieux...
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... et le poulailler où l'on peut jeter les poules du haut des murettes pour voir si elles savent voler,
et les oies au jardin.
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Et le terrible jar...
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Après on est bon pour prendre un bain.
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Après, pas question de dépasser le perron de la cuisine.
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Mais on peut toujours dessiner la maison.
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Ou les écuries.
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Où son père ferre un cheval.
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Un pas commode.
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Les enfants préfèrent la Rude.
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Mais quand son père sort à cheval, c'est un héros.
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Pour mon fils Boris aussi.
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Et pour moi.
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Et pour Graine d'Anarchie.
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Toche, autiste, qui allume les cigarettes et remplit la louche à ras bord.
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Et le projet de film avec Fernand Deligny.
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Où c'est encore Dominique le héros.
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Et Nicole qui veut faire du théâtre. Que le Del imagine en bonne soeur qui se sauve du couvent, allez savoir pourquoi. Peut-être parce qu'elle tape tous ses écrits à la machine.
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Finalement c'est l'amitié qui compte et le film de notre vie.
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Tant pis si on en fait des livres qu'on ne publie jamais.
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Du moment qu'on préserve sa liberté.
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Plus tard, quand les esprits se seront calmés, ils iront même au bal de Monoblet.
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Où les vieux regardent, assis sur le banc de l'unique café.
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Où les musiciens jouent avec une sono d'enfer qui évitent aux gens de se parler, rien à voir avec Woodstock.
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Où les vieux regardent, assis sur le banc de l'unique café.
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Où les gamines font leur premier show.
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Avec application.
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Avec un air important.
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