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Une lettre pour les habitants du Sud Gironde
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Alain    le 23.12.2009 - 18:29

Le sud Gironde reste pour l’instant un territoire préservé.
Des forêts immenses et une faible densité d’hommes au mètre carré ont protégé pendant longtemps la faune. Ceux qui aiment s’attarder dans les bois ont dû remarquer les mêmes choses :
Un témoignage simple et beau de grands écosystèmes naturels.
En hiver, quel chasseur à l’aube de matins glacés n’a pu rester émerveillé ; regardant les brumes bleutées recouvrant peu à peu les forêts de grands pins où les cimes semblent flotter à quelques mètres du sol, leur donnant ainsi des silhouettes inquiétantes et fantomatiques.
On peut entendre souvent lors de ces moments le chant du troglodyte qui seul perce le silence. Les tritons, salamandres, crapauds et autres grenouilles attendent sous leurs abris de mousse, souches et pierres la venue de jours plus cléments.
Le moment venu ils reprendront le chemin des tourbières et ruisseaux pour leurs reproductions, et cela depuis déjà des millénaires.
Quand les beaux jours viennent, la danse des mésanges à longues queues sur les grands acacias est peut-être un signal pour les autres animaux car peu de temps après, on peut entendre le coucou et le loriot.
De redoutables percussionnistes parcourent les troncs à la recherche de leurs proies favorites. Les pics verts et les épeiches vous avertissent par des cris moqueurs. Leurs vols semblent éviter d’invisibles vagues.
Au crépuscule, d’étranges oiseaux, mi-hirondelles mi-chouettes qu’on nomme les engoulevents effectuent des figures aériennes incroyables pour attraper les hannetons aux cimes des grands arbres.
Le silence qui accompagne leurs vols est en opposition au bourdonnement des milliers d’insectes volants dans le ciel.
C’est le moment où des armées de chauves-souris sortent, affamées, de leurs tanières. Leurs petits cris aigus si typiques répondent aux chants réguliers des grillons.
Là, une brise légère caresse les hautes herbes et viendra vous apporter les parfums des chaudes nuits d’été.
La nuit, les concerts d’oiseaux de proie nocturnes restent des moments privilégiés. Vous les sentez vous dévisager du haut des grands chênes. Une vue nocturne et soixante fois supérieure à celle des hommes laisse peu de chances aux campagnols imprudents au pied des grands airials.
Toutes les personnes qui, comme moi, aiment redécouvrir les saisons et mille autres choses dans ces massifs forestiers comprendront que cet équilibre est très fragile.
Il est menacé de toute part par l’urbanisation, les routes et autres infrastructures.
Chaque mètre carré bétonné, goudronné est perdu à jamais pour les espèces vivantes.
A notre époque, où l’avenir des hommes semble compromis, notamment à cause du changement climatique, rien ne semble changer ! Dans notre région, on construit une nouvelle autoroute et peut-être une nouvelle ligne LGV à l’Ouest.
Ces nouvelles voies différentes dans les nuisances et pollutions qu’elles engendrent, restent pourtant ultra-prédatrices pour les écosystèmes. Elles partagent le territoire par des frontières infranchissables.
Ces plaies portent des coups fatals aux derniers sanctuaires naturels. Une ligne LGV traversant ce fabuleux massif forestier est lourde de bêtises.
Pour les gens pensant qu’il y a des choses plus graves que la disparition des troglodytes, des chouettes chevêches et de quelques centaines de milliers de m3 d’arbres (capteurs de CO2). Je réponds patience !
Un jour viendra où on rigolera moins ! L’homme ne pourra se passer des écosystèmes naturels et une fois la disparition des derniers grillons, abeilles, bécasses et hiboux viendra le tour des homo- sapiens !
Le plus dur pour moi sera de vivre dans une région devenue vulgaire et s’ajoutant au nombre toujours plus important des endroits défigurés par la soi-disant modernité.
Quand notre pays sera devenu aussi triste et blafard qu’un bord de route où se mêlent les dépouilles des hérissons écrasés et les canettes de bières jetées par des cons ( dont la protection de la nature n’a jamais activé leurs trois neurones) , tel une zone industrielle au sol de béton taché par des huiles de vidanges ou qu’un parking de supermarché où poussent des magasins invitant les clients à consommer comme des abrutis des produits de qualité médiocre fabriqués à des milliers de kilomètre.
En bref, bienvenue dans une banlieue de grande ville !
Pour ma part, il ne me restera plus qu’à prendre ma famille et quitter cet endroit pourtant aimé ! A moins qu’il ne se lève une vraie résistance pour protéger notre région sauvage.
Vous les chasseurs pour protéger le gibier et leur avenir !
Vous les promeneurs, les randonneurs qui adorent les paysages sauvages, vous les anciens habitants des grandes villes venus vivre à la campagne pour votre santé …
Vous, simple citoyen quitter votre TV, votre voiture, votre sport pour défendre notre planète, son environnement, et commencer logiquement par votre région !!!
La résistance est possible, le preuve est faite avec le peuple Basque qui se bouge par milliers pour protéger sa région…

Pour l’utilisation des lignes existantes et ainsi sauvegarder notre région.

Alain, Noaillan .

 

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 modif | admin • màj : 23 décembre 2009 à 19h29