Je relance un sujet juste évoqué ici en octobre :
"Bien qu une bibliothèque a l heure du numérique ....des tablettes tactiles, de wikipedia, des livres numériques.... A 100 000€ sans les a cotés , ça me laisse songeur....."
Noël a sans doute été l'occasion d'offrir des tas de choses inutiles... Je vois autour de moi de plus en plus des ces "liseuses", kindle, et autre tablettes. Bien sûr, des piles de livres reliés se sont aussi vendues !
Mobiliser une telle somme pour des bouquins me semble ahurissant, c'est vrai qu'on peut faire plus novateur en matière de culture. Je précise de suite que j'aime le livre, au point d'avoir écrit, d'avoir beaucoup lu... mais depuis le réseau, je reconnais que je lis maintenant beaucoup plus sur écran.
Mais peut-être cette bibliothèque communale sera-t-elle numérique ? Je lui souhaite alors bon courage face à l'hégémonique Amazon
Il y a qques années, j'avais fait partie de l'asso qui avait créé "Ami mots", la biblio de Noaillan, avec l'idée justement de "faire vivre" les livre grâce à des évènements annexes tels que les contes, les expos, la musique... Mais l'asso a vite oublié ce projet originel et original, pour redevenir une pénultième biblio communale.
On dirait qu'il s'est créé une sorte de pensée unique à propos du livre et de sa sauvegarde. Comme si lire était le modèle de la résistance aux médias électroniques. Et on avance à chaque fois l'argument de l'éducation, de la connaissance. Pourtant, c'est l'accès aux connaissances qui émancipe, pas l'acte de lecture. On apprend aussi en regardant, en écoutant, en goûtant... Et le livre est plus souvent du divertissement que de l'éducation, plus souvent du roman que de l'essai.
Il faut, au moins pour l'exercice, pour rigoler, dire ce qu'est un livre en papier :
- c'est un objet individualiste (on lit seul, tandis qu'on écoutait un conteur en groupe) et asocial,
- mauvais pour le corps (immobile des heures durant, dos voûté... vous arrivez à lire couché, vous ?),
- qui existe depuis même pas 500 ans (on écrit depuis 5000 ans et on "parle" depuis, allez, 50000 ans),
- encombrant (les mémoires, organiques ou numériques sont bien plus discrètes)
- dont la reliure se pète trop vite et dont les pages se collent,
- difficile à dupliquer (photocopie / drag 'n drop),
- difficile à rééditer,
- pour lequel on abat des arbres,
- et il faut une source lumineuse pour le lire dans l'obscurité (mon écran est rétroéclairé depuis plus de 10 ans !)
Plus sérieusement, on devrait prendre un peu de recul et considérer le livre comme un support de l'écriture, démultipliée grâce à l'imprimerie, et utilisé entre le XVI et XXème siècle.