Voici le texte d'un article paru dans la "Dépêche du Bassin" sous la plume de Nathalie Le Chalony à la suite d'une visite dans ma forêt. Je le trouve excellent : elle a tout compris, et elle le résume à merveille !
"''La tempête Klaus de janvier dernier légitime aujourd’hui que le monde forestier se pose des questions quant aux pratiques sylvicoles actuelles. Certains vont même plus loin et sont en mesure de proposer une sylviculture productrice et rentable et qui ne soit pas contre nature…Le débat est ouvert et l’enjeu n’est pas négligeable !
Finalement, de quoi a besoin la forêt ? Simplement de temps !
A partir du moment où on accepte cette évidence, la production de bois devient une activité simple et à moindre coût…
Actuellement, les lobbies agro-industriels imposent une monoculture intensive obligeant à un investissement lourd de départ, à des interventions fortes et coûteuses dans le peuplement (labour, débroussaillement, élagage, protection contre divers dangers d’origine biotique et abiotique…) et ce pour un bois de masse, de mauvaise qualité (bois lâche, cernes d’accroissement larges et irréguliers, forte proportion de bois juvénile…), destiné à la trituration, à la caisserie ou à la pâte à papier. Le bois d’œuvre de qualité doit donc être importé alors que tout est sur place pour pouvoir en produire… De plus, aujourd’hui, le marché est en surproduction ; ce qui est rémunérateur est donc bien la qualité et non la quantité…
Acceptons maintenant de se donner du temps, on le verra pour en gagner par la suite, simplement en respectant les lois de la nature et voyons comment cela peut se passer.
Revenons aux fondamentaux : pour pousser un arbre a besoin d’un sol dans toute sa composante, avec des minéraux produits par le cortège de la pédofaune, des champignons, des autres arbres et de l’atmosphère…
Un arbre économiquement valorisable doit pouvoir répondre à divers critères tels que des cernes d’accroissement réguliers, un tronc sans nœud ; le bois doit être mûr avec peu de partie juvénile et doit présenter une proportion importante de duramen par rapport à la proportion d’aubier.
La sylviculture naturelle propose donc de produire du bois à sa pleine maturité, en raccourcissant la durée de production tout en allongeant la révolution, en optimisant l’utilisation du sol sans l’appauvrir, ainsi que l’utilisation des ressources naturelles, tout en minimisant les risques (vent, parasites…), les investissements, les frais inutiles, et ce pour une rémunération optimale du propriétaire. Rien que ça et simplement en respectant deux principes, la régénération naturelle et le chevauchement des générations. Ainsi, la masse et la diversité des semis vont permettre l’éducation et la protection du peuplement, les beaux sujets se sélectionnant par eux-mêmes, naturellement…
Produire et vivre dans le respect de la nature, n’est ce pas le défi qui nous est lancé aujourd’hui ?
Tout ceci n’est pas que suppositions puisque cette sylviculture naturelle est mise en œuvre depuis 2004 par J. Hazera sur sa propriété de 200 ha ; les résultats sont déjà spectaculaires et ont pu être appréciés par une dizaine d’intéressés venus la visiter à l’initiative du Courant Alternatif.''"
Bravo Mme Le Chalony, et merci !