Cet après-midi du 10 mai 2011, s’est tenue au tribunal administratif de Bordeaux l’audience portant sur la requête en annulation de l’association SEPANSO, contre l’arrêté de péril pris par M. le Maire de Villandraut le 18 août 2008. Arrêté qui a permis d’abattre quelques jours plus tard, le vieux chêne de Villandraut qui constituait à lui seul, depuis 1938, le site classé dénommé « Chêne séculaire en bordure de la rue Jean-Dupuy » enregistré sous le numéro 73 dans la nomenclature des sites classés en Aquitaine.
Comme c’est toujours le cas, le jugement a été mis en délibéré et devrait être rendu dans quelques semaines, mais le moins qu’on puisse dire c’est que les arguments développés pour M. le Maire par ses avocats ne semblent pas avoir convaincu le rapporteur public.
En effet, celui-ci a rappelé que les procédures applicables en matière de modification de l’aspect d’un site classé (autorisation ministérielle après avis de la commission Départementale de la Nature des Paysages et des Sites) n’avaient pas été respectées, il a souligné que, puisque la branche dangereuse était déjà tombée, il n’y avait plus péril empêchant d’attendre la consultation de la Commission des Sites, et a conclu en demandant au tribunal l’annulation de l’arrêté de péril pris par le maire.
Si le tribunal suit ces conclusions (et il y a de très fortes chances qu’il les suive), cela signifiera que le site classé de Villandraut dénommé « Chêne séculaire en bordure de la rue Jean-Dupuy » aurait été détruit le 25 aout 2008 par la volonté d’un homme, sans aucune justification légale.
En attendant ce jugement avec sérénité, la SEPANSO rappelle que la chute d’une grosse branche est un phénomène courant en été chez les arbres parvenus à maturité. La chute de celle qui a endommagé une toiture et un mur de clôture à Villandraut en juillet 2008 était prévisible au point que quelques années plus tôt, il avait été prescrit à la commune d’élaguer cette branche.
Si ces travaux préventifs avaient été effectués, il n’y aurait jamais eu le moindre dégât...
Dès lors, si quelqu'un n'en avait pas décidé autrement, même en ayant perdu cette branche, même vieillissant, même dépérissant, le chêne séculaire, site classé de Villandraut, aurait pu perdurer pour de très nombreuses années encore, pour le plus grand bonheur des amoureux des vieux arbres et des paysages pittoresques.
Il aurait suffi d’un peu de soins, d’attention et de respect pour cet arbre vénérable.