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Le sol - Pour une autre sylviculture
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001 Jacques Hazera le 15.05.2009 - 09:27 ''La « sylviculture naturelle et continue » tente de limiter les interventions, notamment celles qui perturbent le sol. Cette approche est à l’opposé des pratiques de la « monoculture standard », aujourd’hui dominante sur l’ensemble du Massif Landais.
Rappels
Trois citations à l’appui de ces rappels :''
Une hypothèseSouligné
La recherche de nourriture exige de la part de toutes les formes de vie sauvage d’énormes dépenses d’énergie, et croire que la racine avance au seul prétexte que le sol est meuble est une vision anthropomorphique du monde végétal. Or ce n’est pas par loisir que la racine prospecte ; son but dans la vie n’est pas de se promener, mais d’alimenter l’arbre. La compacité du sol n’est qu’un simple frein à la vitesse d’élongation des racines. L’essentiel est donc d’entretenir la richesse du sol en y bichonnant les micro-organismes car ce sont eux qui font le boulot : ils fabriquent les aliments des végétaux, ils fabriquent des petites galeries où circulent l’air et l’eau, ils décomposent, creusent, drainent, excavent, stockent, suent pour nous ! Le débroussaillementSouligné
Ce brusque surplus d’humus que provoque le débroussaillement, et qui n’est minéralisé qu’en fonction des capacités réelles des troupes, ne fait qu’accélérer le cycle de mort et de décomposition des végétaux. Contrairement à la fertilisation, il n’apporte pas à la forêt le moindre élément supplémentaire. Il semble donc imprudent de soutenir que ce brusque surplus serait capable d’augmenter la productivité globale. Le sylviculteur, en débroussaillant de façon intensive, ne fait que modifier le rythme de décomposition de la flore et s’expose au risque d’engendrer des à-coups de croissance. Le labour
Le labour est censé ameublir le sol. Est-il indispensable d’ameublir le sol ? Il faut poser cette question aux semis naturels, dont l’avis est souverain sur ce point, et dont la présence nous apporte une réponse humble mais claire. Le labour est censé mélanger les horizons du sol mais… quel est l’intérêt de mélanger à grands frais, avec la terre fertile de surface, des couches stériles issues des profondeurs ? Quel est l’intérêt – pour peu que le labour ne soit pas parfaitement dressé, ce qui est un cas fréquent – d’enfouir la matière organique à une profondeur où, privée d’oxygène, elle ne peut pas être minéralisée ? Le cas des podzosols de notre Massif Landais est certainement particulier sur ce point… mais c’est encore une question à poser aux semis naturels qui s’en accommodent sans moufter. En réalité, rien ne vaut les végétaux eux-mêmes pour faire lentement remonter à la surface du sol l’eau et les substances nutritives utiles issues du lessivage, en les puisant dans les horizons souterrains. La seule justification raisonnable du labour est de limiter durablement la concurrence. En effet le labour, enfouissant le stock de graines d’adventices, laisse la terre propre assez longtemps avant que ne lève une nouvelle génération de plantes concurrentes, ce qui permet aux jeunes pins de prendre de l’avance. Du coup ces pauvres pins sont exposés seuls et sans protection aux attaques du vent, du soleil, de la neige, du gibier, etc.. Conclusion
Partout dans le Monde de plus en plus d’agriculteurs abandonnent le labour et adoptent des techniques de semis direct. Ils ont d’excellents résultats, notamment économiques. Faudra-t-il que nous soyons les derniers, nous, forestiers Landais, à nous accrocher au labour ? Il est vrai que cette technique déplorable, soutenue par des subventions publiques, a réussi à acquérir une position de quasi monopole auprès de l’Administration, mais pour quels intérêts ? Certainement pas pour ceux des sylviculteurs, pourtant exposés directement aux risques.
002 Quercus-pyrenaica le 20.05.2009 - 20:48 Voilà des réflexions qui font du bien à lire ! Un peu comme la France a l'habitude de suivre les USA avec 20 ans de retard, le monde forestier aquitain a suivi depuis 50 ans le modèle agricole dans ce qu'il a de pire. Heureusement que certains sont capables de regarder plus loin que le guide de leur tronçonneuse et de se poser les bonnes questions. Merci et bravo à Jacques Hazera pour cette bouffée d'intelligence.
003 Jacques Hazera le 21.05.2009 - 19:33 Merci lou taudin (Quercus pyrenaica) pour le compliment, et bravo pour la remarque sur notre stupidité à suivre le "modèle" agricole.
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