Adiu Sud-Gironde le "village |
|
|
Ils ont tous un grain au Jardin Partagé d'Uzeste... |
Pour l'accessibilité du forum, pas d'inscription préalable et modération à posteriori. Respectez la netiquette. Le code à saisir pour valider un commentaire est destiné à lutter contre les robots "spammeurs". ![]() infos & contacts
Les micro-sites
|
Adiu est-il un réseau social ?
Page 1
Posts 15
001 marc le 30.04.2011 - 20:09 Je profite du calme plat de saison (calme relatif... c.f. les affiches) pour poster, en plusieurs fois, des notes concernant les réseaux qu'on dit "sociaux", et pour vous demander des témoignages, appeler à débattre. Attention, si Facebook, Tweeter et d'autres sont montrés du doigt, je ne pense pas que ce soit une bonne idée de les rejeter ; je souhaite plutôt en discuter de façon critique. L'usage critique des TIC est un objectif d'Adiu. Pour commencer, quelques faits marrants : - un oignon frit a obtenu 3 ou 4 fois plus d'amis sur Facebook que le premier ministre québecquois Stephen Harper. - des centaines de milliers de facebookers ont échangé 10 amis contre un hamburger gratuit de Burger King lors d'une campagne de pub originale. - entre 3 et 4 millions de morts ont toujours leur profil "vivants" sur FB, à cause des dispositifs d'activité dynamiques que le réseau met en oeuvre. Aussi, les proches des défunts n'ont pas les codes d'accès pour fermer leurs comptes.
002 Xylo le 03.05.2011 - 10:49 Heu..... Et si on commençait par se mettre d'accord sur la définition du mot "ami" ? Hachette dit pour sa part :"Personne à qui on est lié par une affection réciproque "
Ainsi, quelquefois, il arriverait qu'on prenne (nous fasse prendre?) des vessies pour des lanternes et des oignons pour des amis?
003 marc le 03.05.2011 - 23:46 Un(e) ami(e) ?
1. Personne liée d'amitié avec (une autre personne), ou qui est l'objet de l'amitié de qqn.
Tu as raison, Xylo, même la deuxième définition ne fonctionne pas. Je profite de ta question - qu'est-ce qu'un ami ? - pour parler (en partie) de ce qu'on nomme les "liens faibles". Et surtout pour se questionner sur cet art qui consiste à galvauder des termes, et peut-être même les valeurs qu'ils désignent. Dans la vie concrète, un ami est moins qu'un amour mais plus qu'un copain, et lui-même est plus qu'une connaissance. De plus, les relations ne sont pas de simples cercles concentriques, mais elles ont des natures différentes telles que familles, voisins, collègues. Sur un réseau social un ami est souvent moins qu'une relation ; c'est plutôt un "lien". Pourquoi l'appeler "ami" ? Et que penser de cette brochette d'amis, toujours plus nombreux, de cette collection grossière que les réseaux sociaux affichent en marge de leurs "mur" ?
004 Xylo le 04.05.2011 - 22:46 Appeler "ami" quelqu'un qui ne l'est pas donne peut-être un peu de chair à ce qui a d'abord été un profil, version auto portrait.
Je ne veux pas cibler les utilisateurs de Facebook...etc... Ce que je voudrais, c'est partir d'une définition qui se dessinerait avec les réponses aux questions suivantes:
On ne peut pas être critique, ni choisir, sans information.
005 CH.G le 05.05.2011 - 22:07 Pour info, toutes les données sont conservées, même si vous les effacez de votre profil.Nous ne sommes pas sous la gouvernance de la loi française mais américaine.Donc attention aux commentaires et aux photos qui sont publiées!
006 Christine G le 05.05.2011 - 23:07 J'ai oublié ce que propose "mon ami" Larousse
.......
007 marc le 10.05.2011 - 00:57 Il y a quantité d'articles et de stats sur FBook à quelques clics d'ici. Les infos sont disponibles, mais encore faut-il les éplucher et s'en souvenir !
Mais je voudrais parler encore des "liens faibles" avant d'aborder le modèle économique des réseaux sociaux "privés", avant de parler du nouveau "métayage". Les réseaux dits sociaux promettent de belles rencontres, idéalisées et sans contrainte ; la conjonction des sentiments de solitude et de promiscuité inhérents à l'individualisme leur profitent peut-être ? * Lorsque le site Adiu met en exergue depuis 6 ou 7 ans "le village [global] local" avec le mot "global" barré, c'est pour insister sur la volonté de mettre les technologies de l'information au service d'une vie "concrète" **, et non pour rendre cette vie, surtout lorsqu'elle est rurale, encore plus exangue. Un danger des réseaux "sociaux" pourrait être, après la télévison et après l'automobile, l'isolement plus grand encore des individus. Si les réseaux démultiplient effectivement les possibilités de liens ***, ils invitent aussi à tisser des mailles toujours plus lâches... des liens faibles. "Tout le monde y est, je dois donc y aller..." Il y a du panurgisme ici, c'est évident ! Et ce serait un comble que les réseaux, qu'on baptise "sociaux", mettent finalement en danger des notions telles que la citoyenneté ou l'action politique, en les galvaudant, en les remplaçant par un écran et quelques clics. * pour le dire vite, l'individu est né avec la cité, les temps modernes l'ont abouti, et la "culture" de l'individu est inscrite dans les droits de l'homme. L'individu est précieux, l'individualisme est son revers. ** nous sommes entrés dans l'ère de l'information depuis plus de 20 ans. Par "vie concrète" je n'entends pas une opposition face au virtuel ; les deux sont désormais étroitement imbriqués : l'information pénètre le quotidien, voire le gère. *** mais ça, c'est une qualité du réseau Internet dans ses fondations, pas des réseaux sociaux, qui ne sont qu'une surcouche, relativement peu révolutionnaire.
008 marc le 10.05.2011 - 01:07 Global/local... La théorie du Village global suscitée par la naissance des réseaux numériques est belle : c'est la communauté d'intérêt qui fait que les uns rencontrent les autres. Par exemple, je suis passionné de mythologie grecque ou de science-fiction et je peux facilement rencontrer d'autres passionnés de ces deux domaines sur le réseau, tandis que dans mon Sud Gironde, c'est moins évident. Cela, le village global, Internet le permet depuis longtemps, et c'est une qualité qui ne va pas à l'encontre du local. FaceBook, par contre, offre peu de moyens de creuser des sujets. C'est plutôt un lieu de bavardage. Je viens de lire un papier qui explique que si l'utilisateur moyen de Fbook a 120 "amis" en moyenne, il n'entretient de relations régulières et vraiment "amicales" qu'avec 4 ou 5 autres personnes, et des personnes qu'il connait déjà hors réseau. Cela veut dire que "The Social Network" ne propose pas d'élargir le cercle ou de briser l'isolement, mais de maintenir des relations existantes.
009 marc le 19.05.2011 - 23:49 profilage et métayage Qu'est-ce qui motive une entreprise privée pour déployer autant de ressources afin de nous permettre d'avoir tant d'amis ? Ou bien, en posant la question dans l'autre sens, comment une entreprise privée devient-elle en moins de 10 ans une des plus riches du monde ? Les premiers ordinateurs ont été inventés pour faire de la statistique et de la balistique, et ils se sont très bien débrouillés dans ces deux domaines. On ne va pas faire de l'histoire, mais le "data mining", ou le recoupement d'information, est une des grandes compétences de nos machines informatiques.
Et c'est curieux comme les deux fleurons du web, Google et Facebook, ont su bâtir leur succès sur des contenus créés par les autres. Google* indexe des millions et des millions de pages pour alimenter son moteur de recherche, Facebook propose des pages vides que nous remplissons volontiers d'informations croustillantes. La richesse de Facebook, c'est nous qui la lui donnons. Complètement ! Autrefois, le métayage était un contrat qui proposait un partage pour moitié entre propriétaire et exploitant ; aujourd'hui, dans l'ère de l'information et des réseaux sociaux, le propriétaire empoche tout, l'exploitant rien, et ce dernier ne possède même plus ses propres données... ce qui l'assimile à peu près à un esclave. * Google créé du contenu, ou en produit, depuis Maps, Earth, Street View, la numérisation de livres, etc. Aussi, le modèle Adwords et Adsense propose une redistribution des revenus.
010 Xylo le 20.05.2011 - 11:58 Mais même en ne cherchant pas à avoir des "amis", même en refusant de remplir ces pages vides (reflet d'un autre vide, plus personnel?),nos actions sont collectées, triées, exploitées et comme par "magie", la publicité arrive:
De quoi me donner envie d'aller voir si j'en trouve chez Emmaüs ou dans un vide-grenier...où je rencontrerai peut-être des connaissances avec qui on discutera un peu du monde comme il va bizarrement...et peut-être même qu'on s'invitera à prendre l'apéro...et qu'on pourrait se retrouver amis, un jour... Refuser la carte de fidélité qui contre quelques centimes d'euros déjà pris en compte dans les prix pratiqués, nous débite un bon de réduction ciblé, concernant des articles qu'il nous arrive d'acheter, bien sûr, c'est en mémoire, mais qui ne sont jamais des produits de première nécessité.
011 marc le 21.05.2011 - 13:11 Nos données ont plus de valeur que nous-mêmes. Alors que les services proposés par Facebook son gratuits, le réseau social a réalisé "un bénéfice net de 355 millions de dollars sur les neuf premiers mois de 2010. Le chiffre d'affaires s'est établi à 1,2 milliard de dollars sur la période janvier-octobre." (Figaro, janvier 2011). Autre exemple datant de 2 ou 3 jours : Microsoft, pour rester dans la course, surtout contre Google, a racheté Skype 8,5 milliards de $. Le plus gros achat jamais effectué par l'entreprise !
Quelqu'un est-il assez bon en calcul pour diviser la somme payée par Microsoft par le nombre d'utilisateurs de Skype, pour savoir combien vaut chacun d'entre eux ? Le résultat est impressionnant... Bienvenue dans l'ère de l'information
012 marc le 21.05.2011 - 19:47 Pour répondre de plus près à ton message, Xylo, je vais me faire l'avocat du diable (quoique...) Le profilage est une chose, mais on sait qu'on est profilé depuis longtemps : le fameux 8 des vidéos accélérées des supermarchés ; un ami antiquaire m'expliquait qu'il "profilait" les clients dès leur entrée dans sa boutique, grâce à leurs vêtements, leurs attitude, où et comment se posent leurs regards.
Evidemment, il y a encore beaucoup de grossièreté aujourd'hui. Alapage m'envoie depuis des années son spam quotidien, que je flingue aussitôt, parce que j'ai eu le malheur de lui acheter un jour un disque ou un livre. Depuis, j'achète ailleurs, n'importe où sauf chez Alapage. Mais cela mûrira peut-être ? Et certains, opportunistes, pas forcément des grands, comprennent l'avantage qu'ils peuvent tirer des nouvelles technologies. Par exemple, je suis tombé par hasard sur ce papier de Sud Ouest qui se termine comme ceci : "Karine, membre de l'association, ne cache pas sa satisfaction : « Depuis quelques jours, nous avons créé un site sur Facebook. Et les demandes sont encore plus nombreuses ! Facebook est un excellent diffuseur d'événements : les amis des amis sont nos amis ! »"
013 marc le 07.06.2011 - 21:01 Après les nouveaux amis, Facebook a inventé une nouvelle façon d'aimer. I like, J'aime... Ce fameux petit bouton bleu permet de recommander à ses... amis une page appréciée sur le web. Poursuivant l'idée du réseau d'amis "partagés", Facebook permet de créer des sentiments de communauté (nous "aimons", mes amis et moi, ceci ou cela plutôt qu'autre chose). Mais surtout, Facebook enrichit au passage extraordinairement son profilage ! L'idée est géniale, elle recrée une sorte de topologie du Web, une carte très détaillée des promenades de ses abonnés. Ce que Facebook nomme son "graphe social" est en réalité une immense base de données de 700 millions d'identités, les liens entre ces identités et les lieux qu'ils fréquentent sur le web...
Il faut revenir aux fondamentaux du réseau pour montrer un exemple de la prédation qu'exercent ces grands acteurs du Web. Internet a une robustesse et un potentiel extraordinaire parce qu'il est décentralisé. Il n'y a jamais eu, dans l'histoire et à l'échelle de l'humanité, de moment aussi porteur de démocratie, offrant la capacité de choisir ensemble. C'est un bien public qu'il faudrait peut-être protéger comme tel !
Les opérateurs de réseaux téléphoniques montrent un bel exemple de traduction perverse du réseau avec l'informatique mobile, recentralisée, contrôlée, profilée. Le plus bel exemple est ce brevet déposé par Apple, et dont la presse parle ces jours-ci, permettant par exemple d’empêcher son iPhone d'enregistrer ou de filmer selon le lieu où se trouve son propriétaire (cinéma, salle de concert...) Cette dérive est bien dommage, car Internet n'est pas un supermarché ou une prison, il est pour l'humanité une nouvelle émancipation et un outil de création, il est une continuation naturelle de l'invention de l'écriture puis de l'imprimerie.
014 marc le 03.08.2011 - 16:16 Je réveille un thème oublié depuis deux mois, mais on n'avait pas épuisé le sujet... loin de là ! Dans le message ci-dessus, j'étais dithyrambique quant au réseau et ses promesses ; il ne faut pas oublier quand même que les acteurs qui se penchaient sur son berceau n'étaient pas forcément désintéressés. Les universitaires peut-être, les entreprises ou l'armée américaine sans doute moins.
C'est pourquoi je crois qu'il est important de ne pas rester inactif vis à vis de ces nouveaux outils. Je voudrais me servir de ces notions d'amitié numérique, de profilage, de global, et de ces critiques de "réseaux sociaux", pour mieux tenter de définir ce que peut être Adiu (je signe perso ces billets, mais Adiu est ce qu'on en fait, c'est une association, qui a des objectifs et des statuts...) Adiu ne poursuit pas les mêmes buts que ces réseaux privés et industriels. La réflexion est en cours, elle n'est pas tranchée mais on a déjà déblayé un peu pour tenter d'y voir plus clair. La quantité, vieux proverbe, ne fait pas bon ménage avec la qualité. L'industrie et l'ultra-libéralisme nous le prouvent chaque jour, mal-bouffe, plastoc, jetable, l'information y compris. Peut-on laisser industrialiser la question sociale ? Mettre l'amitié en batterie tue l'amitié. Ce qui fait la qualité d'un cercle d'amis, c'est qu'il reste à la mesure de chacun des individus qui le composent, que chaque ami puisse en voir la circonférence, en quelques sorte.
Adiu bâtit donc, sur la sagesse d'une géographie modérée et concrète, le Sud Gironde en l'occurence, une dimension humaine et non profilée (association à but non lucratif, simplicité, anonymat...) grâce à des liens forts (des liens entre le virtuel et le réel). C'est intéressant de relire l’article 1 de la loi informatique et libertés. Cette loi a été adoptée en 1978 et a depuis servi de socle fondateur à la majeure partie des législations internationales en matière de vie privée. Depuis, en France, les gouvernements Chirac et Sarkozy ont largement balayé ces notions protectrices !
Cet article est très sur la défensive, hormis la première partie, "l’informatique doit être au service de chaque citoyen", morceau de phrase sur lequel travaille précisément Adiu.
015 Aude le 10.10.2011 - 12:26 Amenée ici par le dernier mail d'info d'Adiu, j'en profite pour vous signaler cette revue à laquelle j'ai contribué :
ajouter un commentaire :Page 1
|


