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A l'attention d"ancien élève de 34 ans"
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001  

Sylvie B    le 15.10.2011 - 07:21

Bonjour à vous!
J'apprécie votre message et souhaite y faire écho!
Peut-être en ce matin savoureux d'automne pour partager avec vous cette école d'hier et les parfums que vous restituez d'elle... J'ai moi aussi été heureuse dans cette école là,pas seulement avec son directeur,mais aussi avec sa cantinière et sa cuisinière à bois, et les odeurs de popote et de bois, le petit bus et "sa chauffeuse", Marie la ménagère et même quand elle ralait et qu'elle me faisait rire et qu'elle le savait et qu'elle finissait par rire elle eussi des tâche de peinture à savoir comment atterie derrière les radiateurs), le grand pré et la grosse voix du maître qui le couvrait et qui sonnait la fin de la récré: "Allez les enfants on rentre!"...Ils arrivaient tous, dont vous... en un éclair... pas un qui s'oubliait...Les vieilles toilettes froides, le passage à l'automne du cinéphile qui présentait sur un ton passionné le film de l'année: la nature était son thème, invariablement... et même une année un théâtre ambulant, une roulotte, tirée par un bon canaçon... Ses 3 allumés venaient jouer quelques fables de Lafontaine... On voyait rarement un inspecteur, une fois l'an un ou deux représentants de commerce venir vanter la nouvelle marchandise au profit de la pédagogie et puis de temps en temps des élus, qui venaient s'assurer de la bonne marche de l'affaire et se faire du bien dans une école qui fonctionnait comme une tribu bien huilée...
pas un conflit... à le bon vieux temps...

Cette école là n'est plus... non seulement à Noaillan mais nullepart ailleurs en France... Si 10 ou 20 ans cela vous semble peu à l'échelle de l'histoire d'un pays ou d'une institution, il y a eu tant de bouleversements qu'en évoquant ce passé là c'est littéralement un monde englouti que vous évoquez. L'école est à l'image du monde qui l'environne et la perfuse... et parfois 10 ans (ou un instant) suffisent à abattre un arbre qu'une longue, longue...révolution a planté comme une subversion contre les déterminismes et les lourdeurs des héritages en tous genres...

Il suffirait en effet d'un instant, celui d'un vote à l'assemblée nationale pour confirmer ce tronçonnage absurde. Je m'explique:
que l'on se mette en effet à évaluer des enfants à l'entrée de l'école, à 5 ans pour établir ainsi une sorte de fiche qui va permettre de débusquer ses atouts et ses faiblesses, bref son aptitude à être un bon ou un mauvais élève et par glissement à transformer cette photographie en projection sur son avenir, il y a là l'aveu du renoncement à tout l'héritage de l'école de la république, à l'idée même de la modernité...
Il est dit ou sera dit de ce projet de loi qu'il ne s'agit que de souci de prévention , de volonté d'optimisation de l'efficacité de l'outil d'enseignement pour justement empêcher le mauvais sort de s'acharner sur tel ou tel cancre... et faire en sorte qu'enfin l'école torde le cou aux statistiques affligentes sur la reproduction implacable de l'échec scolaire...
Du temps de "Mythe errant" on convoquait un Bourdieu (oui fameux prophète, sociologue de la misère du monde) pour finalement mettre en place des ZEP (zone d'éducation prioritaire) et tenter de réduire les effets de l'origine sociale. Ce fut un échec,massif, énorme, on le sait... Sarcosi et ses experts le savent parfaitement et savent aussi depuis encore plus longtemps que le collège unique a lui aussi échoué dans sa vocation à donner plus de chance à ceux qui en avaient moins!!!). Plus on essaie de contrecarrer cette misère, plus on produit l'effet inverse, de manière globale (statistiquement parlant) en la stigmatisant...et encore plus du reste si on fait tout pour étouffer par ailleurs et nourir cette misère, ce qui est le cas de nos jours... (ex: on fabrique de la misère et on interdit aux miséreux de fouiller dans les poubelles... on radicalise l'inégalité du partage des richesses et on fabrique un état policier pour mater les poliçons qui ouvriraient leur bec.
Au temps donc de Sarcozi, on rabat sur l'individu la notion d'efficacité, grâce à une fiche de mise en ordre...dès l'âge de 5ans... en prétextant qu'elle permettra d'aider mieux les enseignants, les équipes éducatives etc etc à endiguer le mauvais sort plus précocément. Vous comptrendrez donc peut-être avec moi la nature et la portée du mensonge du fait que les politiques savent parfaitement que cette évaluation ne donnera lieu à aucune amélioration du sort de ces élèves précocément repérés en difficulté...
Ils le savent d'autant plus que par ailleurs, en tant de crise massive financière on réduit drastiquement tous les budgets àcommencer par ceux des services publics.

Cette réforme permettra, en réalité, de renforcer une pratique déjà fortement ancrée depuis... 15, 20 ans... bien qu'ignorée du grand public: les experts décideurs de l'education nationale, de ses budgets et de ses réformes, ces décideurs qui ont pour bible et mesure du temps et de la décision les rapports de l'OCDE (et certainement pas l'héritage des lumières, qui sont tous de bons techniciens, économistes... pourront ainsi rendre encore plus efficiente la chaîne éducative (qui va de de la maternelle au bac) au prorata de l'évaluation première (dès 5ans) bref de la "valeur" de l'élève. Ainsi, voici la grande finalisation historique de l'école de la République: on pourra enfin attribuer un budget à l'enfant en fonction de ce que l'on pourra rationnellement espérer qu'il apporte au PIB de la France et finalement au CAC 40, bref, à la jet set...
On pourra enfin poser les questions suivante,grâce à "l'échographie scolaire" à l'âge de 5ans et ce, sans complexe:
Combien il va nous coûter? (
Combien on peut espérer qu'il va nous rapporter?

Pour faire le solde:
Taille du budget envisagée:???

A Noaillan, hier, il y a 15 ans...
A cher ancien élève de 34 ans
Guérissez- vous de toute nostalgie avec l'ami poète, philosophe ou...
"La vie est un aller simple sans billet retour"...
Bien à vous, de Villandraut,
Sylvie

002  

tss    le 15.10.2011 - 20:20

je crois que vous etes hors sujet par rapport au point de vues d'ancien elève !!!
Je comprend son pont de vue, un peu plus de simplicité, de naturel ne ferait pas de mal

003  

Sylvie B    le 16.10.2011 - 07:23

Cher "tss tss"
"Je comprends son point de vue"
Oui, moi aussi je crois, mais ce point de vue un peu naïf (ce qui est pour moi loin d'être péjoratif) est insuffisant. Et insuffisants, nous le sommes tous, moi donc aussi... d'où la nécessité du dialogue...

Car cette vague nostalgie, cette image un peu idéalisée de l'école d'hier peut constituer un frein. Les solutions aux problèmes que nous rencontrons sont devant nous. Et le passé est là seulement pour nous éclairer, il faut donc, certes aussi le fouiller mais rester critique et donc s'exposer au détour qui lui, est forcément un acte un peu compliqué. Le mot "critique" n'a rien de péjoratif. Il désigne une attitude de raison ouverte à la remise en question de ce qui est.

"Un peu plus de simplicité"
Oui, vous avez raison, ce que j'exprime n'est pas forcément simple à comprendre et en plus mes fautes de syntaxe, d'orthographe, mes négligences volontaires et involontaires, ma pensée décalée par rapport au rythme de mes doigts sur le clavier, bla, bla, bla...

"Hors sujet"... peut-être... ou peut-être aussi qu'il y a dans mon message un appel à regarder plus loin et à essayer de relier des choses entre elles qui nous semblent a priori un peu loin les unes des autres. Pourtant, lorsqu'on veut essayer de comprendre un phénomène, par exemple l'école, il faut bien accepter de prendre en compte des facteurs a priori éloignés du local... Le local ici, c'est le RPI, deux municipalités qui ne rendent aucun compte publiquement de leurs postures respectives... alors que nombre de parents tiennent à cette structure qui a fait ses preuves quant à la qualité de l'enseignement.
Mais si cet ancien élève, adulte aujourd'hui, peut-être parent aussi exprime ses doutes par rapport à la qualité de l'enseignement ou de l'école du fait du constat de l'échec scolaire à l'entrée au collège et ce,malgré tous les sarifices financiers, qui plus est dans le contexte local, j'essaie d'inviter à la cohérence de son intervention...

Alors plus de simplicité pour parler d'une affaire aussi compliquée que l'école...et qui plus est de celle de nos deux villages, hum... pas facile. Je peux essayer de donner une comparaison qui vaudra ce qu'elle vaudra:
on ne remet pas en cause l'hôpital et les médecins parce que les services d'urgences débordent, parce que les médecins urgentistes craquent, parce qu'il y a de plus en plus de gens malades partout, de plus en plus de dépressifs en France...
Mais, on rabbat souvent sur l'école,sur la pédagogie, sur les pratiques des enseignants les difficultés, les échecs des élèves. Et c'est d'ailleurs de plus en plus les gouvernements successifs qui opèrent ce rabattement... sur l'école...
Ce projet d'échographie scolaire de l'enfant dont je parle dans mon message précédent non seulement en est une expression la plus forte mais le pire est en effet que de manière plus insidieuse et non avouée, il va permettre dans le même temps d'optimiser la dérive la plus aboutie de cette droite décomplexée: evaluer par une prospective pour le coup très simplifiée le poids économique d'un futur citoyen...
et donc les moyens financiers pour opérer l'ajustement...

Je crois que l'école va mal parce que notre société va très mal. Toutes les pratiques tendent à être enfermées dans des évaluations qui n'ont d'aboutissement qu'en valeur marchande... C'est triste non?

Un récent sondage de Marianne (dont je suis lectrice à peu près une fois par an) tendrait à montrer que 2 français sur trois n'ont plus confiance en leur école.
Et bien je crois qu'il faut rester critique sur ce genre de sondage car en fait la question soulevée est celle de la confiance tout court en nos institutions... Les enseignants font ce qu'ils peuvent et les services d'urgences scolaires débordent de plus en plus avec de moins en moins de possibilité financière pour d'y remédier et deplus en plus de contraintes et un horizon de plus en plus bouché ou sombre...
Ce sont les jeunes qui payent et continueront à payer... qu'ils craquent et s'énervent, c'est triste et dur pour les enseignants mais après tout, leurs symptômes ne sont que l'expression de nos abandons, de nos trahisons et de l'hypocrisie collective à leur égard... et c'est l'absence et la dérive du politique qui est ici en jeu...

Les solutions ne peuvent pas venir de l'école, de même que l'hôpital en tant qu'institution ne peut résoudre ses nombreux problèmes. Les solutions sont de l'ordre des décisions politiques et qui plus est de la conception de l'homme qu'elles véhiculent ou qu'elles ne véhiculent pas, qu'elles assument ou qu'elles camoufflent.

Ancien élève de 34 ans soulève la question locale du coût financier des péripéties de nos 2 écoles avant, pendant et après le RPI pour les deux communes et donc pour nous les payeurs...

Pour plusieurs raisons, je fais partie de ceux qui défendent la nécessité de RPI quoi que par forcément à long terme...
Mais il faut élargir aussi un peu: depuis quelques années, le discours d'en haut tend à nous faire croire que la question de la réussite à l'école n'est plus une affaire d'argent et que les solutions sont forcément ailleurs... Je crois que c'est en parti vrai et en parti faux (j'aimerais être plus simple, pardon!).

C'est faux parce que l'éducation est probablement ce qu'il y a de plus coûteux dans un pays moderne et le sera toujours...
On ne construit pas les conditions de la liberté individuelle de nos enfants sans un outil conséquent, soigné en permanence... à l'abri du monde des adultes...

C'est vrai car le coeur du problème de l'école est à mon sens la conséquence directe de l'épuisement de tous à vivre de manière absurde dans un monde non moins absurde: ultra comptétition, ultra fric, ultra injustice, ultra mensonge des politique, ultra capture des jeunes par la publicité et par les dérives des pratiques d'écrans en tous genres..., bla, bla, bla...
A l'école, comme à l'université, comme dans l'entreprise, on est de plus en plus évalué et indexé sur nos performances et échecs...
Comme si les grilles d'évaluations devaient permettre la résolution des problèmes... et rendre les sociétés et les individus plus performants... C'est faux, plus on évalue, moins on enseigne et moins on peut susciter l'envie d'apprendre. Plus on évalue et plus on abonde dans le sens de la paranoïa collective et de la peur maladive qui structure les échanges entre les individus et finalement la culture... Plus on évalue et plus on s'éloigne finalement du bonheur tout simple d'être en vie et de jouir de cette perspective de grandir et de pouvoir réaliser ses rêves et ses aventures... seuls ou avec les autres...

Quant à "un peu plus de naturel"... je vous laisse à cette illusion que les sapiens sapiens sont des êtres naturels par nature, allez comprendre...

Je salue ici tous les enseignants de Villandraut et Noaillan et suis rassurée de constater qu'il y a de nombreux parents qui se sentent concernés par leurs enfants...

Bien à vous, Sylvie

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CHRISTINE la révoltée    le 16.10.2011 - 11:14

En théorie j'avais dit que je n'adiuécrivait pas ce WK mais voilà je reviendrai plus tard en semaine...cependant Sylvie je n'applique pas ce que j'avais promis aux miens car je veux juste dire BRAVO, BRAVO ET BRAVO!!!!!!!

J'adhère à ton discours à 95%.happy smiley

Pour l'hôpital, le système est au rendement et les salariés appliquent le "tri", 80 ans, on te laisse dans le couloir alors que l'ambulancière vient de te déposer avec l'oxygène et on lui dit:" reprenez votre matériel on va s'en occuper!Seulement l'ambulancière a de forts spouçons alors elle passe un petit quart d'heure plus tard car elle était aussi là pour récupérer un autre patient et elle voit pas de branchement d'oxygéne et le patient lui est mort...et l'infirmière la voit et lui dit :"j'ai pas eu le temps de m'en occuper...."frowning smiley

005  

CHRISTINE la révoltée    le 16.10.2011 - 11:56

"adiuécrivais"

 

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 modif | admin • màj : 16 octobre 2011 à 11h56