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Pesticides, Les effets sur la santé et l'environnement
CR réunion à Barsac le 9/02/05. Organisateurs: Association de Sauvegarde de la Vallée du Lisos à Grignols, la Confédération Paysanne et Bioservice à Barsac. Intervention de François Veillerette :"Polluer est devenu un crime contre l'humanité" (Voilà ce que dit le professeur Dominique Belpomme, cancérologue réputé, président de l'Association pour la recherche thérapeutique anti-cancéreuse (Artac), expert auprès de la Commission européenne.)
On les retrouve évidemment en quantité plus ou moins importante dans les aliments. Les tonnages restent à peu près constants depuis quelques années (mêmes quantités qu’en 1990) mais les produits sont de plus en plus actifs. Certaines productions agricoles entraînent un nombre très élevé de traitements (20 à 25 traitements pour la vigne et 30 traitements par an sur les pommes!) La pollution des eaux : les pesticides sont retrouvés dans 90% des analyses en rivière, 58% des anlyses en eaux mortes et 5% dans les fleuves. L'Atrazine est interdite depuis 2 ans mais on la retrouve encore partout, le Glyphosate (Round-Up), soit-disant complètement bio-dégradable, est retrouvé aussi partout. A 25/30 mètres dans l'eau des forages on retrouve l'atrazine dans 50% des cas ! La pollution par les pesticides n'est pas seulement locale: elle envahit progressivement toute la planète. On la retrouve jusqu'aux pôles et les animaux en bout de chaîne alimentaire la concentrent. Or beaucoup de ces animaux sont consommés par l'homme. Un échantillon sur deux de fruits et légumes provenant de la culture intensive contient des résidus de pesticides en quantité mesurable. Les fraises, les carottes et le raisin, particulièrement, sont très fortement contaminés, avec des teneurs souvent très supérieures aux limites tolérées. Les produits cultivés réellement de façon biologique ne contiennent que très peu de pesticides, et dans des limites très inférieures aux seuils admis.
Intervention de Jean-François Narbonne :La toxicologie est une discipline très peu enseignée car elle dérange. Pour parfaire sa formation il a dû, à l'époque, suivre des cours au Conservatoire National des Arts et Métiers à Paris. On lui a mis des bâtons dans les roues et il a dû chercher un laboratoire d'accueil (CNRS) pour pouvoir continuer ses recherches. Il n'a plus le droit de former des étudiants! Il dénonce très clairement le lobbie "maïs-lait". Jean-François Narbonne s'est spécialisé dans de nouvelles approches sur la sécurité alimentaire et l'évaluation des risques, notamment en ce qui concerne l'utilisation des pesticides en agriculture. Il est expert de la nouvelle Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments (AFSSA).
Dans le cas de la viticulture on retrouve couramment dans les vins 15 à 20% des pesticides utilisés et parfois jusqu'à 90% !.En effet, si certains pesticides utilisés pour la vigne sont peu persistants d'autres le sont beaucoup (comme les fongicides, solubles dans l’alcool et les matières grasses). Comme pour d'autres produits on devrait obliger d'étiqueter les résidus de pesticides dans les vins.
Effets significatifs aussi sur l'environnement, sur les opérateurs, sur les consommateurs. Les données de la Mutualité Sociale Agricole font état de fréquents cas d’eczéma, maux de tête, conjonctivite, douleurs abdominales , asthme... Effets significatifs pour des expositions à long terme : poly-neuropathies, troubles neuro-comportementaux, Parkinson, Alzheimer, baisse des performances cognitives chez l’enfant pour lequel cancers et tumeurs sont 30 à 60% plus fréquents. Effets significatifs aussi sur les cancers du rein et du foie (sur le sein rien d’évident). Un problème majeur car souvent très grave : le lymphome (cancer du sang, avec disparition des défenses immunitaires) qui est 3 fois plus fréquent chez le professionnel et 7 fois plus chez le jardinier amateur (qui, par ignorance, a généralement tendance à exagérer les doses). Les effets sur la reproduction sont évidents. A propos des mesures et des test faits par les fabricants :
Comment sortir du tout pesticide ?Tout d’abord on peut dire qu’on ne comprend pas bien pourquoi l’agriculture cherche à sortir de l’écosystème, qui est par essence un système stable. La solution est bien d’établir un équilibre entre activité humaine et cet écosystème. Un problème majeur est le « dumping » (sans parler d’autres méthodes verbalement évoquées!) fait par les magasins de type grandes surfaces, car pour obtenir des prix très bas elles s’adressent surtout à l’agriculture intensive sur grandes étendues où les pesticides sont abondamment utilisés. De ce fait les magasins qui cherchent à vendre des produits plus proches de la nature se heurtent au prix de revient et sont sanctionnés par les consommateurs qui, en cette période de crise, vont plutôt vers les magasins « hard discount », moins chers, mais dont les produits sont souvent bourrés de pesticides. L’utilisation des OGM a été proposée pour sortir du tout pesticide ! Mais d’une part les scientifiques les plus renommés affirment qu’on ne connaît pas grand’chose aux gènes (et donc qu’il vaut mieux éviter de jouer à l’apprenti sorcier), d’autre part l’expérience montre que les OGM conduisent à des échecs cuisants (stérilisations des sols) et que, comme les plantes sont plus résistantes aux herbicides, on augmente encore les doses (+16% aux Etats-Unis)!. L’agriculture « raisonnée » n’est justement pas raisonnable car elle utilise quand même des pesticides. La culture entièrement biologique est la seule qui respecte l’écosystème ; il faut la développer et les consommateurs doivent en privilégier les productions, lorsque c’est possible. La proposition des associations est de suivre l’exemple des pays nordiques : diminuer progressivement de 50% en 10 ans l’utilisation des pesticides en augmentant corrélativement la surface des cultures biologiques, et de continuer au-delà pour arriver à les supprimer complètement. Débat. Questions – réponses :Un viticulteur bio de Preignac dit qu’il n’utilise ni cuivre ni pesticides et qu’il arrive à limiter la perte aux alentours de 2% . (Cet exemple est sans doute à étudier pour voir s’il peut être suivi pour d’autres cultures). Un autre viticulteur dit que la viticulture bio sature les sols en cuivre. FV lui répond que les excès en tout sont sûrement néfastes mais qu’en général la bouillie bordelaise est utilisée de façon parcimonieuse. Un médecin homéopathe dit que le cuivre n’est pas un métal lourd et que les ions cuivre sont plutôt bénéfiques à l’organisme. Le débat se généralise ensuite sur « comment sensibiliser les gens au problème des pesticides » et met en évidence la difficulté d’y arriver face à des lobbies très puissants et à l’inertie bien connue du quidam moyen... Des sites Internet à consulter : http://www.mdrgf.com
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