Message d'Agir pour l'environnement du 29 novembre 2005 N°155
APPEL À SOLIDARITÉ FINANCIÈRE / Ogm - Monsanto amplifie la répression
La lutte contre les OGM est dans une période cruciale en France, en Europe et dans le monde et la résistance de plus en plus déterminée et organisée peut réussir à empêcher la pollution génétique généralisée et irréversible des systèmes agraires existants.
C'est pourquoi le bras de fer pour refuser les OGM dans les champs et dans les assiettes est de plus en plus fort entre les défenseurs de l'autonomie paysanne, de la santé, de la biodiversité et le lobby des semenciers agro-productivistes.
C'est, sans aucun doute, ce qui a amené Monsanto à appliquer le principe de répression en faisant saisir sur un des comptes bancaires de la Confédération paysanne 18 000 Euros sur les 196 000 Euros dont elle lui a signifié le recouvrement depuis le 15 novembre dernier pour la destruction de maïs OGM en 1998 à Monbéqui .
Ne laissons pas Monsanto étrangler financièrement une des principales
organisations opposante aux OGM et montrons notre solidarité militante en envoyant notre soutien :
par courrier à :
Amis de la Confédération paysanne,
104, Rue Robespierre,
93170 BAGNOLET
par virement :
Compte des Amis de la Confédération paysanne:
Crédit Mutuel, 8, rue St-Antoine, 75004 PARIS
Banque guichet n° compte clef rib
10278 06041 00020002140 59
Mention : Solidarité Monsanto
Merci à toutes et tous par avance Michel DUPONT Pdt des Amis de la Conf'
Dans un message d'Agir pour l'Environnement du 29 novembre 2005
Vienne annonce une conférence de l'UE sur les OGM après le moratoire suisse - AFP - 28 novembre 05
VIENNE (AFP) - L'Autriche, "confortée" par une décision suisse d'interdire pendant cinq ans les organismes génétiquement modifiés (OGM) dans l'agriculture, a annoncé lundi qu'elle organiserait en avril une conférence de l'Union européenne (UE) sur le sujet.
"Les 4 et 5 avril se tiendra à Vienne la première conférence européenne sur les OGM, à laquelle des scientifiques et des organisations non gouvernementales seront invités à prendre part aux côtés des ministres de l'Agriculture", a déclaré le ministre autrichien de l'Agriculture, Josef Pröll (conservateur), dont le pays prendra la présidence de l'UE le 1er janvier.
L'adoption dimanche par 55,7% des électeurs Suisses d'un moratoire sur les OGM "conforte absolument" la position de Vienne, l'un des pays de l'UE les plus opposés à la culture d'OGM, a-t-il souligné dans un communiqué publié à Vienne.
"Le résultat du référendum suisse montre un fois de plus à quel point la population européenne est sensible à cette question", s'est félicité M. Pröll. "Nous avons réussi jusqu'à présent à empêcher la culture (d'OGM) en Autriche et nous continuerons de nous battre pour qu'il en soit ainsi", a-t-il ajouté.
Lundi, le ministre italien de l'Agriculture Gianni Alemanno s'était lui aussi félicité de la décision des Suisses et estimé qu'elle devait "faire réfléchir l'UE".
L'Autriche, qui interdit de facto tant au plan fédéral que provincial
l'importation et la mise en culture de semences OGM, a échappé en juin à des sanctions de la Commission européenne à la faveur d'un Conseil des ministres européens de l'Agriculture.
Mais "il existe, sous l'impulsion des gouvernements Blair en Grande-Bretagne et Persson en Suède, un groupe de plus en plus important d'Etats membres qui ne soutiennent pas notre attitude critique" sur les OGM, a reconnu M. Pröll.
En 1997, 1,2 million d'Autrichiens s'étaient prononcés contre les OGM lors d'un référendum d'initiative populaire non contraignant. Le pays compte 8 millions d'habitants.
L'Autriche importe toutefois des produits à base d'OGM, notamment des
tourteaux de soja destinés à l'alimentation du bétail..
Message de terre Sacrée du 22 novembre 2005
INDE - Un Etat du Sud de l'Inde vient d'interdire plusieurs variétés de coton transgénique. Un premier pas vers un moratoire? Les milieux anti-OGM indiens suivront attentivement le vote des Suisses ce dimanche.
Le gouvernement d'Andhra Pradesh a interdit trois variétés de coton
transgénique. Le couperet est tombé en mai 2005. Les autorités de cet
Etat du Sud de l'Inde - dix fois plus peuplé que la Suisse - ont fini
par perdre patience. Elles réclamaient en vain des indemnisations à
Mayco Biotech, filiale de Monsanto, pour les pertes subies par de
nombreux paysans. Sur le banc des accusés, le coton Bollgard de la
multinationale étasunienne, aussi appelé Bt, du nom d'une bactérie
naturellement toxique. Les chercheurs en ont extrait un gène tuant le
«Bollworm». Ce ver très vorace est le cauchemar des cultivateurs de
coton. Le Bollgard, un produit miracle? C'est en tout cas ce qu'ont
cru des milliers de paysans indiens.
Dès leur introduction en 2002, les nouvelles semences ont bénéficié
d'une intense campagne marketing. Une star de Bollywood a été engagée
pour vanter les mérites du produit. Sur les affiches, on voyait des
cultivateurs tout sourire. A côté d'eux, un tracteur flambant neuf
acquis grâce au coton transgénique.
La section indienne de Greenpeace a voulu en avoir le coeur net. L'un
des paysans modèles était en fait un petit commerçant. Un autre a
déclaré: «Avec les rendements du coton Bt, je ne pourrais même pas
acheter les deux pneus d'un tracteur!»1
Paysans ignorants
«Monsanto a profité du désespoir des campagnes. En Andhra Pradesh, on
ne compte plus les suicides de paysans endettés. Avant la révolution
verte et l'imposition de solutions agronomiques toutes faites, les
gens connaissaient les semences qu'ils utilisaient. La nouvelle
génération ne sait plus rien. Elle est totalement dépendante de
l'information donnée par les autorités et tombe dans le panneau des
publicités mensongères», constate P.V. Satheesh, directeur de la
Deccan Development Society (DDS). L'activiste était récemment de
passage en Suisse sur invitation des oeuvres d'entraide.
De 2002 à 2005, la DDS a rendu visite aux exploitants d'Andhra
Pradesh et comparé les performances du Bollgard avec celles du coton
traditionnel. Verdict: les rendements du coton hybride ont été
inférieurs de 8% et de 35% lors des années sèches. Contrairement aux
promesses, les paysans qui ont opté pour le Bollgard ont utilisé
autant de pesticides. Sur les trois ans étudiés, leurs revenus ont
baissé de 60% et une partie de leurs sols sont devenus trop toxiques
pour d'autres cultures.
La DDS a aussi réalisé un film. Sur fond de plants rachitiques, les
paysans se succèdent devant la caméra, jurant qu'on ne les y
reprendrait plus. On voit aussi des entrepôts de Bollgard incendiés
par une foule en colère. «En Andhra Pradesh, le coton Bt a été
utilisé par au moins 25 000 exploitants», estime P.V. Satheesh.
La contestation anti-Bt enfle
La fronde contre le coton hybride dépasse l'Etat d'Andhra Pradesh. La
semaine dernière, des activistes ont accusé le gouvernement du Mayha
Pradesh (Centre) de passivité. Dans cet Etat, le permis des trois
variétés de coton bannies en Andhra Pradesh a été prolongé pour une
durée de trois ans, rapporte The Hindu, le quotidien de référence du
sous-continent.
Une vingtaine d'organisations indiennes viennent de lancer des
missions d'évaluation dans cinq Etats de l'Inde (Andhra Pradesh,
Pendjab, Madhya Pradesh, Maharashtra et Tamil Nadu). «Nous voulons
mettre la pression sur les autorités pour qu'elles défendent les
intérêts des agriculteurs», plaide Kavitha Kuruganti, du Centre pour
une agriculture durable. Les premiers éléments recueillis lors des
visites sur le terrain sont accablants pour le coton Bt.
Dans les milieux anti-OGM indiens, on suivra attentivement les
résultats du vote de ce dimanche en Suisse. Un «oui» des Helvètes à
un moratoire ferait réfléchir les Indiens, assure P.V. Satheesh. «Ces
dernières années, la classe moyenne indienne a vu son pouvoir d'achat
et son influence augmenter. Elle croit qu'il suffirait d'attirer
davantage d'investissements étrangers dans le secteur agricole pour
avoir le même boom que dans les nouvelles technologies. Les
adversaires des OGM sont considérés comme archaïques. Le choix de la
Suisse bousculera cette conception manichéenne», espère-t-il.
Le même combat en Suisse et en Inde? Sur le sous-continent,
l'agriculture fait vivre 65% de la population. En Suisse, il ne reste
plus que 60 000 exploitants. «Comme le montre l'histoire du coton Bt,
le choix des semences est une question de vie ou de mort», prévient
P.V. Satheesh.
L'activiste se défend d'être un anti-OGM primaire. «Il faut se rendre
à l'évidence: en Inde, le coton Bt ne marche pas. Les parcelles sont
trop exiguës et le gène de Monsanto ne s'attaque qu'à un seul
parasite. Une fois ce dernier affaibli, d'autres prennent la relève.
Des solutions alternatives existent, elles sont utilisées depuis des
siècles. Comme planter des légumes au milieux des champs de coton.
Les vers dévoreront les premiers et épargneront les seconds.»
Ils courent, les OGM
P.V. Satheesh appelle à un moratoire sur les semences transgéniques,
«le temps de faire un état des lieux général». On en est encore loin,
même si la décision du gouvernement d'Andhra Pradesh est
«encourageante».
Mais elle n'empêche pas plusieurs compagnies indiennes d'écouler
divers versions de Bollgard, tout en payant des royalties à
l'inventeur Monsanto. Le géant US, lui, s'est tourné «vers d'autres
marchés comme le Pendjab», révèle Kavitha Kuruganti. I
Note : 1Greenpeace: «Marketing of Bt cotton in India: agressive,
unscrupulous and false...», 20 septembre 2005,
greenpeace
Le service de presse de Monsanto n'a pas souhaité livrer sa version
des faits sur le coton Bt.
Le gène Terminator est de retour
Un brevet pour la très controversée «technologie Terminator» a été
accordé à Delta & Pine, en Europe, le 25 octobre dernier. Outre-
Atlantique, la société étasunienne en détient les droits depuis 1998
conjointement avec le Département US de l'agriculture. Greenpeace a
ensuite découvert qu'un autre brevet avait été enregistré le 11
octobre au Canada. Des pays comme l'Australie, la Chine, le Japon, la
Turquie ou l'Afrique du Sud examinent des demandes similaires, selon
Greenpeace.
«Il s'agit d'un premier pas vers la commercialisation», s'alarme Lucy
Sharratt, membre de la «Campagne pour bannir Terminator». Le gène qui
inquiète tant les organisations écologistes et paysannes stérilise
les plantes.
«Les fermiers doivent être conscients que des compagnies partout dans
le monde sont prêtes à prendre le contrôle de leurs semences par la
manipulation génétique. Ces compagnies contrôleront toute la chaîne
alimentaire au moyen du monopole des brevets et de la technologie
Terminator», prévenait le 25 octobre dernier Christophe Then,
spécialiste des OGM chez Greenpeace.
Les partisans du fameux gène voient les choses différemment. Dans
leur bouche, point de Terminator, un terme trop négativement connoté.
Dans la brochure de promotion que nous a fait parvenir Delta & Pine,
on parle de «système de protection technologique - TPS». Le TPS
favorise la biodiversité car il rend possible la cohabitation entre
cultures transgéniques et traditionnelles, lit-on dans la brochure.
Comme les plants ne peuvent se reproduire, le système prévient la
dissémination des OGM, assure Delta & Pine.
Pour Lucy Sharrat, l'argument n'est qu'une diversion. «En obligeant
les paysans à acheter des nouvelles semences chaque année, les
multinationales s'ouvrent de nouveaux marchés», pointe la militante.
Et grâce à Terminator, l'industrie agroalimentaire ne serait plus
obligée de courir derrière les paysans qui ont semé des OGM sans les
payer.1
Greenpeace et consorts appellent à un moratoire international sur
Terminator. Le gène sera à l'agenda de la conférence de l'ONU sur la
convention sur la biodiversité biologique en mars prochain.
Note : 1Lire «La police génétique du géant Monsanto traque les
paysans», notre édition du 4 février 2005.
Message de Greenpeace du 22 novembre 2005
Détectives OGM
Refusons les OGM dans les magasins pour bannir les OGM dans les champs !
Cher(e) Détective OGM,
Le 6 septembre, Le Figaro révélait que 1000 hectares de maïs OGM auraient été cultivés cette année en France, dans le plus grand secret. Les OGM se préparent à envahir massivement nos champs !
Pour fermer tout débouché à ces cultures transgéniques, il est fondamental de maintenir la pression à l'autre bout de la chaîne alimentaire, dans les magasins et dans notre assiette, en continuant à traquer les OGM !
Ces deux derniers mois, trois nouveaux produits OGM ont été débusqués : du Gingerbread Mix Added Touch de la marque Shirrif (préparation pour pain d'épices), de la pâte pour marshmallow, de Fluff et une huile de soja OGM Loumas (produite par les Huileries de Sérignan). Une nouvelle huile de soja OGM
(fabricant : Huilerie GID) a également été repérée dans le restaurant d'une collectivité à Draguignan, mais nous n'avons pas encore réussi à nous procurer un exemplaire de cette huile. N'hésitez pas à nous contacter si vous repérez cette huile de soja ou si vous avez des informations sur l'huilerie GID. Cet exemple, sans doute pas isolé, montre qu'il est important d'exercer notre vigilance dans les cuisines de la restauration collective.
Dans le même temps, 3 produits OGM auraient cessé d'être vendus dans les magasins français et une vingtaine de magasins auraient été « décontaminés ». Aujourd'hui, nous comptons 28 produits étiquetés OGM.
Par ailleurs, nous avons la grande joie de vous annoncer que la ville d'Angers peut être déclarée « ville décontaminée » !! Les détectives OGM ont traqué et éliminé un à un tous les produits étiquetés OGM dans TOUS les magasins de la ville et de l'agglomération. Bravo aux détectives d'Angers ! Espérons que
d'autres villes de France seront bientôt décontaminées !
Comme vous le savez certainement, c'est essentiellement par le biais de l'alimentation animale que les OGM sont écoulés en France, ce qui rend la tâche de détective beaucoup plus ardue (les produits animaux issus d'animaux nourris aux OGM ne sont pas étiquetés) ! Il nous faut donc être également sur le terrain de l'alimentation animale, en interpellant les fabricants de produits animaux pour qu'ils éliminent les OGM des mangeoires des animaux.
Envoyez un message de protestation à la compagnie Lactalis, qui continue à vendre du lait LACTEL OGM (LIEN) malgré les milliers de messages d'interpellation envoyés depuis le début de l'année!
Et maintenez votre vigilance de détective dans les magasins et les cuisines !
Amitiés militantes,
L'équipe des détectives OGM
PS : Renvoyez-nous vos informations en vous reportant à la page Internet :
vos informations