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cyberaction UIPP

1er bilan - et rappel - de la cyberaction UIPP

le 24 février 2005

Message de Nadine Lauverjat. Point de contact ACAP. MDRGF (c/o ARTAC). 57-59 rue de la convention. 75015 Paris. Tel/fax: 01 45 79 07 59. mail: mdrgf [point] coordi [arobase] wanadoo [point] fr -> mailto:mdrgf [point] coordi [arobase] wanadoo [point] fr

Bonjour à toutes et à tous,

Après un premier petit bilan, nous pouvons vous informer que près de 1500 personnes ont envoyé des mails (en 3 jours) à chacune des rédactions ciblées, il semble d'ailleurs que l'une d'entre elles (Marie claire) ait déjà fermée ces boites mails... ce qui est plutôt bon signe... et ce qui semble prouver l'intérêt d'un telle démarche.

Nous espérons faire stopper cette campagne scandaleuse et dans un premier temps inciter les diverses rédactions ciblées à retirer les publicités de l'UIPP et nous octroyer un droit de réponse. Si nous n'obtenons pas cela nous poursuivrons nos efforts plus intensément encore. Nous vous tiendrons rapidement informés des suites de cette campagne.

Vous pouvez continuer à diffuser dans vos réseaux cette cyberaction via http://www.collectif-acap.fr bien sûr, mais vous pouvez aussi la soutenir en passant par le site Internet des Cyberacteurs qui nous soutiennent :
http://www.cyberacteurs.org/index.php (à gauche sur la page d'accueil
cyberaction intitulée : pesticides stop pub) puis en cliquant sur ce lien vous aurez le classement de notre action http://www.cyberacteurs.org/actions/score.php - sachant qu'ici ne sont compatbilisées que les personnes passées par le site de cyberacteur soit aujourd'hui à 14h30, 849 auxquelles il faut ajouter 600 pour le mail pasdepubpourlespesticides [arobase] hotmail [point] fr -> mailto:pasdepubpourlespesticides [arobase] hotmail [point] fr.

Et pour diffuser auprès de personnes qui non pas de boite mail mais souhaitent quand même manifester leur mécontantement elles peuvent aussi envoyer le courrier (ci dessous) via la poste aux adresses suivantes (merci de nous tenir informer par courrier si vous participez à l'action par voie postale en nous retournant un accusé de réception) :

  • Elle

124 rue Danton 92538 Levallois Perret Cedex
Directeur Rédacteur en Chef Laurent Rojot

  • Télérama

36, rue de Naples 75008 Paris
tél : 01 55 30 55 30

  • Paris Match

151 rue Anatole France 92598 Levallois Perret

  • Marie Claire

Tina Kieffer Directrice de la rédaction
10, boulevard des Frères Voisin
92130 Issy-les-Moulineaux
Tél. : 01 41 46 88 88
fax : 01 41 46 86 86

  • L'Express

17, rue de l'Arrivée 75 733 Paris Cedex 15
Directeur de la rédaction et directeur de la publication Denis Jeambar

Amicalement,

Nadine Lauverjat, Point de contact ACAP


Courrier à envoyer

Madame, Monsieur,

Je tiens à vous faire savoir mon mécontentement, car, j'ai appris que votre magazine avait choisi d'ouvrir ses colonnes à la campagne publicitaire que L'Union des Industries de la Protection des Plantes (ou UIPP) vient de lancer, intitulée « Et vous que connaissez vous des pesticides ». Cette campagne d'envergure fait la promotion des pesticides que ses adhérents - les firmes phytosanitaires - fabriquent et commercialisent. Elle développe trois grandes idées :

Les produits bio ne seraient pas meilleurs que les aliments issus de l'agriculture intensive. FAUX !

Selon l'UIPP : « À ce jour, il n'a pas été démontré que les produits issus de l'agriculture biologique possédaient des qualités nutritionnelles supérieures à celles des produits issus de l'agriculture "traditionnelle" ». L'agriculture « traditionnelle », selon l'UIPP, n'est autre que l'agriculture intensive (ou encore dite conventionnelle ou raisonnée) basée sur l'utilisation élevée d'intrants chimiques (engrais et pesticides).

L'agriculture biologique, qui n'emploie pas de pesticides de synthèse, utilise elle des techniques agronomiques réellement traditionnelles. Leur lecture du rapport de l'AFSSA sur les aliments de l'agriculture biologique, juillet 2003, (Evaluation nutritionnelle et sanitaire des aliments issus de l'agriculture biologique" ; AFSSA, juillet 2003) pris en référence est pour le moins restrictive ! Le rapport dit en effet clairement que : « Le mode de production biologique, en proscrivant le recours aux produits phytosanitaires de synthèse, élimine les risques associés à ces produits pour la santé humaine et concourt à une moindre pollution environnementale, notamment de la ressource en eau. » (p 128).

L'emploi des pesticides de synthèse serait indispensable. ENCORE FAUX !

L'UIPP suggère que nous aurions à choisir entre les pesticides ou la famine, en employant des phrases comme : « Dans le passé, en l'absence de traitement adapté des récoltes, des cultures entières ont été anéanties, à l'origine de famines. »

Pourtant, des modes de conduite agricole comme la production intégrée (En Suisse la production intégrée représente les ¾ de la production agricole. http://www.agriculture.ch) ou l'agriculture biologique produisent en quantité suffisante, en utilisant moins ou même plus du tout de pesticides de synthèse.

Des pays comme le Danemark, la Suède ou encore la Norvège ont divisé par deux, ou plus, leur consommation de pesticides en 5 à 10 ans et parviennent toujours à produire suffisamment (Voir : Pesticide Use Reduction is working: An assessment of national reduction strategies in Denmark, Sweden, the Netherlands and Norway. Dec. 2003. PAN Europe).

Plus de 250 000 familles du sud et de l'est de l'Afrique travaillent environ 60 millions d'hectares en biologie (voir FAO : http://www.fao.org), plus d'un tiers de la production agricole de l'ouest de l'Afrique est biologique. Et ces personnes ne connaissent pas la famine.

Cette utilisation serait sévèrement contrôlée et ne serait pas dangereuse. TOUJOURS FAUX !

Selon l'UIPP : « L'agriculture bio et l'agriculture "traditionnelle" sont toutes les deux soumises à des réglementations sévères dont le respect garantit l'absence d'effets négatifs sur la santé ».

Cette affirmation subtilement présentée vise à faire croire aux consommateurs que les substances utilisées par chacune de ces deux
agricultures sont exemptes de dangers. Ceci est clairement faux car les produits utilisés dans ces deux types d'agricultures ne présentent pas du tout le même niveau de toxicité.

Des produits aux niveaux de toxicité bien plus importants sont utilisés en agriculture intensive tel que des substances classées T ou T+ (Toxique ou Très toxique), pouvant entraîner la mort même à faibles doses (Index Phytosanitaire d'Acta 2005). De plus, des multiples études s'intéressent aux effets à long terme des très faibles doses de ces pesticides synthétiques, démontrant leur caractère cancérigène, mutagène, toxique pour la reproduction, perturbateur hormonal, neurotoxique etc. Pour en savoir plus
"Pesticides, le piège se referme", F. Veillerette, , Ed Terre Vivante 2002, ou «Pesticides and Human Health A Resource for Health Care Professionals», Gina Solomon, The Ontario College of Family Physicians, Systematic Review of Pesticide Human Health Effects, 2004 etc.

La Commission Européenne elle-même, dans son 6ème Programme d'action pour l'environnement, a reconnu qu'il y a « des preuves suffisantes pour suggérer que les problèmes associés à la contamination de l'environnement et des aliments par les pesticides sont sérieux et s'aggravent ». Cette contamination généralisée est l'ouvre des pesticides de synthèse dangereux utilisés par l'agriculture intensive, et non pas celle de l'agriculture biologique, qui n'en utilise pas !

En conclusion, je vous demande de bien vouloir ouvrir les colonnes de votre magazine aux personnes qui, comme moi, considèrent cette campagne comme scandaleuse, car elle fait la promotion d'un grand nombre de produits chimiques dangereux. La publication de ce courrier serait à cet égard bienvenue.

Je vous demande enfin de bien vouloir reconsidérer votre choix d'ouvrir vos colonnes à cette campagne de publicité.

Veuillez croire, Madame, Monsieur, à l'expression de mon attachement à la défense de l'environnement et de la santé publique.

Nom et Prénom :
Signature :

 modif | admin • màj : 14 mars 2005 à 15h49