Adiu Sud-Gironde le "village global local"

Des japonais francophones nous invitent à les rencontrer sur le blog du Soleil Levant ; un lien que nous tissons depuis plus de 15 ans.

Compagnie
de l'Âne Bleu

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  • Créations :

J’étais dans ma maison et j’attendais que la pluie vienne
de Jean-Luc Lagarce
Vies (Les courants de la Lande)
Rimbaud
Des souris et des hommes
de Steinbeck
Pour voix seule
(monologue) de Suzana Tamaro
Ma Supplication
(extrait de La Supplication) de Svetlana Alexievitch
L'Amante anglaise
de Marguerite Duras
Moderato Cantabile
de Marguerite Duras
Le Funambule
de Jean Genet

  • Lectures

La pluie jaune
de Julio Llamazares
Eitô
de Daniel de Bruycker
L'atelier d'Alberto Giacometti
de Jean Genet
L'été 80 & Le camion
de Marguerite Duras
Montedidio
de Erri de Luca
L'homme à l'affut
de Julio Cortazar

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«Les courants de la Lande» d’Arthur RIMBAUD

Nicolas de Staël, Ballet, 1952-1953,
National Gallery of Art, Washington.

Arthur Rimbaud 1854-1891 si éloigné par les années, si proche par sa poésie, et si moderne par ses états d’âme, ses colères, son esprit visionnaire.
Il n’a consacré à la poésie que bien peu de sa très brève existence, cessant d’écrire à vingt ans, mais ces quelques saisons (1870 à1874) suffirent à faire de lui un être incontournable dans la lucidité des jours.

Le désir de travailler, éclairer, dire, partager la langue de Rimbaud vient je crois de l’insatiable quête de soi, de l’autre, de saisir l’insaisissable, de rejoindre l’inconnu, de chercher l’inouï, de se dépasser toujours plus loin pour avancer et rester debout, de la fulgurance de son écriture, de son intensité de son immédiateté et de la proximité des images qu’il nous offre : «au bois il y a un oiseau, son chant vous arrête et vous fait rougir».
La poésie est la recherche des autres, la découverte de la différence.
L’imagination poétique n’est pas une invention mais la découverte de La Présence, et son éclairage… 

Il faut sans doute aller au bout de ses déchirements, de leur tendresse.

La poésie est faite par l’homme mais, elle fait l’homme, elle lui donne la possibilité de créer sa propre vie, la poésie est une création continue, elle nous projette hors de nous même, nous conduit jusqu’à nos possibilités les plus extrêmes.
Peut être la liberté de l’homme s’enracine t-elle dans ce fait là de n’être que possibilité, se créer soi même, et Rimbaud en est le symbole vivant.

Peut-être est-ce dans cette création permanente que l’on saurait s’aimer.
Rimbaud représente l’espérance parce qu’il aime la Vie et une extrême lucidité depuis tout petit, c’est en ce sens peut-être qu’il est précieux aujourd’hui. Peut-être dans ce spectacle rirons-nous merveilleusement à la vie, voilà la chance unique.

Martine Amanieu

Les courants de la Lande aux Carmes, Langon... Photo de Gérard Blot.
photo de Gérard Blot

Lectures, voix, musique

Ce travail se décline avec Marie Duprat, pianiste compositrice. La musique a été créée à partir de textes que nous avons choisis ensemble, dans ses premiers poèmes, dans « Vers nouveaux », « Une Saison en enfer », « les Illuminations » et dans sa correspondance :

Lettre à Izambart, Ophélia, Sensation, le Forgeron, le Cœur du pitre, Vers nouveaux, Vies, Soleil et Chair, les Poètes de 7 ans, les Corbeaux, Aube, Adieu, Chanson de la plus haute tour.

Décors, scénographie

La scénographie s’inspirera de la toile de Nicolas de Stael intitulée « Ballet ». L’association de ces deux artistes nous semble très forte, le peintre ne disait-il pas avant de laisser sa dernière toile, « le Concert » inachevée : « Il faut apprendre à finir plus, sans finir, c’est çà qui est difficile ».
Stael face à ce mur rouge, qui sera le plus fort, retour sur une fuite enfant de la Russie en flammes, Rimbaud en Afrique face à son destin, condamné par la force contraignante de son art et par lui-même à vivre en nomade dans ces contrées inhospitalières.

Nous travaillerons sur les vides et les pleins.

Équipe

  • La création lumière sera faite par J-P Pracht.
  • Les enregistrements seront assurés par Loic Lachaise
  • Costumes : Hervé Poeydomange
  • Musique : Marie Duprat - Textes : Martine Amanieu : Comédienne, metteur en scène, directrice artistique de la cie de l’âne bleu .

Nous terminerons cette présentation par un extrait de la fontaine narrative (1947) de René Char : « Tu as bien fait de partir Arthur Rimbaud ! tes dix huit ans réfractaires à l’amitié, à la malveillance, à la sottise des poètes de Paris ainsi qu’au ronronnement d’abeille stérile de ta famille ardennaise un peu folle, tu as bien fait de les éparpiller au vent du large, de les jeter sous le couteau de leur précoce guillotine. Tu as eu raison d’abandonner le boulevard des paresseux, les estaminets des pisse-lyres, pour l’enfer des bêtes, pour le commerce des rusés et le bonjour des simples…
Tu as bien fait de partir, Arthur Rimbaud ! nous sommes quelques-uns à croire sans preuve le bonheur possible avec toi. »

Autour de Rimbaud

Cette création originale permet de faire découvrir le poète à ceux qui n’ont pas encore franchi le pas de la poésie mais aussi d’aborder l’œuvre de manière différente dans toute la musicalité des mots, du sens, de la force de Rimbaud. Arthur Rimbaud est sous les feux de l’actualité. Son œuvre sort dans la Pléiade, Yves Bonnefoy lui consacre un ouvrage : Notre besoin de Rimbaud. Au-delà de nos frontières, l’auteur américain Edmund White publie « The double life of a rebel » en hommage à celui qui l’a inspiré.
Cette actualité met en avant un poète au destin fulgurant qui a inspiré nombre de créateurs et qui a laissé un héritage d’une modernité étonnante. Ses textes, ses cris, ses révoltes résonnent d’autant plus fortement dans une période contemporaine chargée de doutes, de troubles et de remises en question.
Les plus jeunes générations trouveront dans les textes choisis autant que dans les correspondances des points de jonction avec leur quotidien.

La musique

"Il travaillait sérieusement, s'essayant même à improviser, non sans quelque bizarrerie". *
Tels sont les mots de Louis Létrange, le professeur de piano d'Arthur Rimbaud, pour décrire le travail de son jeune et éphémère élève. On est en 1875, Rimbaud a 21 ans et sa "carrière" poétique tout à fait derrière lui. C'est une période d'entre-deux, avant le grand départ pour les galères orientales, dont il ne reviendra que pour mourir.
Le piano semble être le seul instrument qu'Arthur Rimbaud ait désiré appréhender de près, et comme toujours, il l'a fait d'une manière résolue et obstinée, louant et faisant livrer l'instrument dans la maison maternelle sans l'autorisation de celle-ci et contre son gré, et sachant aussi sans doute qu'il ne continuerait pas.
Moi, cette phrase m'a fait rire, -surtout venant de quelqu'un qui s'appelle lui-même M. Létrange, - et puis elle m'a fait réfléchir.
Commençant à m'interroger sur mon travail avec Martine, j'ai compris tout d'un coup que le piano était un instrument poétique. Pourquoi Rimbaud, lui, le voyageur, le...etc., s'était-il intéressé à l'instrument le plus sédentaire, le plus cadré, le plus corseté dans sa gaine de bois noir, enfin le plus ressemblant, disons-le, à tout ce qu'il s'attachait à fuir et à dénoncer ? Au piano, on est irrémédiablement "assis".
Mais il est l'instrument par excellence de l'écriture poétique, dans toute sa bizarrerie, en effet. Le piano structure, fabrique, construit, avec ses marteaux qui ressemblent à des clous. La pulsation, le chant et le "cadre harmonique" se rencontrent pour créer un objet mouvant ou fixe et qui dit quelque chose. Une fabrication qui n'a rien de naturel, toute humaine au contraire, et très recherchée, très travaillée,- il faut beaucoup de "sérieux" pour "essayer" d'imiter...quoi ? Et parfois, entre les doigts, ni ouverts ni fermés s'échappe un filet de musique, comme un "frisson de volet".

Marie Duprat

*Cité dans Vitalie Rimbaud, pour l'amour d'un fils, de Claude Jeancolas, ed. Flammarion, 2004. Ref. dans Paterne Berrichon, Vie de Jean-Arthur Rimbaud, Mercure de France, 1897

Production

La compagnie de l’Ane Bleu souhaite porter ce projet de création en étroit partenariat avec des diffuseurs partenaires de confiance qui sauront impulser en lien avec l’équipe des initiatives originales autour de la poésie et plus largement de la création.
Pour réaliser ce projet simple dans sa forme bien qu’exigeant sur la scénographie et l’univers sonore, il est indispensable de pouvoir travailler dans des lieux équipés d’un piano (droit).

Les répétitions :

  • deux semaines au centre culturel des Carmes de Langon entre Avril et Juin 2009.
  • du 21 au 28 Oct. à la Maison du comédien Maria Casares à Alloue ( Charentes).
  • du 15 au 20 mars 2010 : Création lumière au Centre Culturel des Carmes et présentation d’un extrait du spectacle dans le cadre du Printemps des Poètes le 20 mars 2010.

Suite à la présentation de notre travail à la Maison du Comédien, Jean-Claude Ragot, directeur du Centre François Mauriac de Malagar à St Maixant ( Gironde-33 ), a choisi de nous accueillir dans sa programmation le 2 Octobre 2010.
Le théâtre « la Boîte à Jouer », à Bordeaux nous propose par ailleurs de participer à sa programmation pour le premier semestre 2010.
Dans le cadre de son « Uzestival d’hiver », Bernard Lubat a accueilli notre création en cours le 29 Décembre 2009, et propose de nous recevoir dans sa programmation du festival d’été d’Uzeste musical( Gironde-33).

 

 
Présentation du travail en cours à l'Uzestival du Nouvel an 2010. Peintures de Jacky Liégeois.

 modif | admin • màj : 04 septembre 2011 à 11h25