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Adiu Sud-Gironde le "village Expression & diffamation - communiqué du bureau d'Adiu, 31 juillet 2010 |
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Le Texte :Une leçon de piano, un enfant obstiné, une mère aimante, pas de plus simple expression de la vie tranquille de province. Mais un cri soudain vient déchirer la trame, révélant sous la retenue de ce récit une tension qui va croissant jusqu'à la fin. Un crime passionnel vient d'être commis dans un bar, à partir de ce geste, une étrange relation va naître entre un homme et une femme, dans ce même bar où ils vont essayer d'approcher sa signification à travers l'indéfinissable rêverie qui les possède désormais. Notes d'Intentions : Après avoir travaillé l'Amante anglaise, je ne peux me résoudre à Quitter l'écriture de Marguerite Duras et m'entête à me perdre dans ces méandres pour ce qu'elle donne à approcher, à partager dans le bonheur et l'effarement parfois de la découverte qui pour moi passe toujours au départ par l'intuition, avant toute autre analyse. J'ai envie de dire que je me sens douloureusement bien dans cette écriture, il y a la forme d'une beauté qui me rend heureuse de penser, de me découvrir même si je suis consciente de ne pas tout comprendre, ce n'est peut-être pas complétement nécessaire d'ailleurs, c'est un partage, une relation dans une longue plainte qui s'inscrit dans un temps non défini, illimité.Je suis fascinée par modérato cantabile dont on pourrait dire qu'il ne se passe pas grand chose, mais où on est suspendu à l'attente d'un événement qui ne vient pas, que l'on souhaiterait complètement nouveau, inimaginable, je ne crois pas que l'on puisse donner de nom à cette passion que ce soit chez le couple d'où est venu le crime, que chez Anne Desbaresdes et Chauvin. Est-ce un espoir, ou une frustration originelle à laquelle on ne peut échapper ? Les textes de Marguerite Duras disent toujours la même donnée terrifiante : la séparation entre les êtres, qui passe par la demande d'amour et se répand dans le cri ; ils nous montrent son acharnement à creuser cette part intime de l'être, à le traquer dans sa solitude, son besoin fou d'amour et sa certitude qu'il est pétri de mort. Ici, contrairement à l'Amante anglaise, le lieu de la parole est plus silencieux, plus en attente d'un événement qui ne vient pas, c'est peut-être pour cela qu'il ne se passe pas grand chose, parce que c'est trop tôt. La difficulté pour nous est d'évoluer sur chaque fil de cette trame mais à la manière d'un funambule (certainement celui décrit par Genet). Chaque fil représente les thèmes chers à l'auteur : l'enfance, la mer, l'alcool, les classes sociales, la rencontre de l'homme et de la femme, l'amour, la musique objets de désir. Gaetan Picon écrivait lors de la sortie de ce livre en 1958 : « c'est là le roman de l'attente et du désir, jamais de l'accomplissement..C'est sans doute qu'aucun amour ne peut tenir lieu de l'amour, c'est aussi que l'autre n'est que notre semblable, et se débat dans le même vide étouffant. L'amour n'est pas une possibilité capable de changer réellement un destin. Il apparaît comme l'impossible, une fulguration qui ne peut qu'anéantir la vie qu'elle éclaire ; et dans Modérato Cantabile l'amour est explicitement lié à la mort ».Je voudrais dans ce travail qui sera tout en retenue, arriver à tenir notre imaginaire en haleine avec des espaces et des vides. Il me semble important de faire entendre cette écriture aujourd'hui, où tout est sournoisement mis en boite, où les images de la vie nous sont insidieusement coulées dans le cerveau pour que nos fenêtres ne s'ouvrent plus que sur le gris du béton. Je crois aussi que j'ai envie de travailler ce texte sur une scène de théâtre pour revenir à l'écriture du livre, redonner la parole à cette écriture, par opposition à la connaissance de ce livre à travers le film de Peter Brook. Martine Amanieu Chauvin : « une certaine nuit, ils tournent et retournent dans la chambre, ils deviennent comme des bêtes enfermées, ils ne savent pas ce qui leur arrive. Ils commencent à s'en douter, ils ont peur. « il n'y a pas de vacance à l'amour »
« On ne sait jamais quel sort le temps cruel réserve à la mémoire et à l'œuvre des écrivains. Il est à croire cependant que celle qui avait mis tant d'acharnement à donner aux mots leur plus grande puissance d'expansion, à leur rendre la parole, gardera le bénéfice de ce qu'elle avait toujours porté au plus haut dans le délétère du monde, l'acte d'écrire. Ecrire pour tenter de raconter l'irracontable. L'écrit la renvoie à la solitude universelle à la coexistence avec tout ce qui vit, souffre, proclame son point de douleur. » Alain Vircondelet « Ecrire, c'est l'inconnu qu'on porte en soi : c'est ça qui est atteint. C'est ça ou rien. Ecrire, c'était ça la seule chose qui peuplait ma vie et qui l'enchantait. Je l'ai fait. L'écriture ne m'a jamais quittée. L'écrit ça arrive comme le vent, c'est nu, c'est de l'encre, et ça passe comme rien d'autre ne passe dans la vie, rien de plus, sauf elle, la vie. » Chauvin : « je crois qu'il ne pouvait pas arriver à avoir une préférence, il ne devait pas en sortir, de la vouloir autant vivante que morte » « Je n'ai jamais écrit ni aimé je n'ai fait qu'attendre devant la porte fermée. »
Je voudrais dans ce travail qui sera tout en retenue, arriver à tenir notre imaginaire en haleine avec des silences et des vides, faire résonner les désirs, les inquiétudes, les souffrances, découvrir la musica qui est en nous. Faire que les silences nous révèlent à nous mêmes, nous découvrent imaginatifs de nos propres désirs, dans le bonheur d'une disponibilité nouvelle face à notre propre création , des silences pour faire face à la distraction qu'occasionnent une affluence de mots.
« En somme, on part avec une méfiance de soi, avec une culpabilité, on part pour écrire avec de petits bagages que les autres ont ficelés pour vous, on ne part pas dans la liberté. Il faut se faire confiance. Vous faites bien confiance aux autres, et vis à vis de vous, vous êtes pleine de méfiance, pourquoi ? ce n'est pas juste. Moi, je me fais confiance comme à une autre. Je me fais complètement confiance. » Coupures de presse : Sud Ouest du 06.04.05. |