Adiu Sud-Gironde le "village |
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Des japonais francophones nous invitent à les rencontrer sur le blog du Soleil Levant ; un lien que nous tissons depuis plus de 15 ans. |
Compagnie
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L'homme à l'affut, de Julio Cortazar
![]() "je me débats furieusement avec un conte que je n'arrive pas à écrire et qui me donne un travail terrible. Son sujet est apparemment trés simple: la vie et surtout la mort d'un musicien de jazz. Concrètement, il s'agit de Charlie Parker, qui est mort il y'a quelques mois dans des circonstances assez horribles. J'ai toujours ressenti pour lui une grande tendresse, et les éléments que j'ai pu réunir sur sa vie m'ont donné envie de tenter une "biographie " fictionnelle (en changeant jusqu'à son nom, mais en laissant assez d'indices pour que tout amateur de jazz se rende immédiatement compte qu'il s'agit de Parker). Je veux le présenter comme un cas extrême de quête, sans que l'on sache exactement en quoi consiste cette quête, puisqu'il est lui-même le premier à l'ignorer. Inutile de dire que je suis d'une certaine manière en train de faire un transfert personnel, et qu'une bonne partie de ce qui me préoccupe sera mis sur le compte du personnage. Je ne sais pas comment tout cela finira ; il y a pour le moment une trentaine de pages écrites et il en manque autant."
extrait : " tu comprends Bruno, ces types là c'était des convaincus, convaincus de quoi tu vas me dire ? de ce qu'ils valaient de leurs diplômes. Et c'est çà qui me foutait en boule, Bruno, qu'ils se sentent sûrs d'eux. Surs de quoi dis moi un peu, alors que moi, un pauvre diable pestiféré, j'avais assez de conscience pour sentir que le monde n'est qu'une gelée, que tout tremblait autour de nous et qu'il suffisait de faire un peu attention, de s'écouter un peu, de se taire un peu pour découvrir les trous. Sur la porte, sur le lit : des trous. Sur la main, sur le journal sur l'air, sur le temps: des trous partout, une énorme éponge, une passoire qui se passe elle même... Mais eux, ils sont la science américaine, tu comprends, Bruno ? Leur blouse blanche les protégeait des trous ; ils ne voyaient rien, ils acceptaient ce que d'autres avaient vu pour eux, ils s'imaginaient qu'ils voyaient. Et bien sur ils ne pouvaient pas les voir, les trous, et ils étaient très sûrs d'eux mêmes, très sûrs de leurs ordonnances, de leurs seringues, de leur maudite psychanalyse, de leur ne fumez pas et ne buvez pas... Ah le jour où j'ai pu les envoyer promener, reprendre le train et regarder par la portière comme tout basculait en arrière, éclatait en mille morceaux. Je ne sais pas si tu as remarqué comme le paysage se casse en mille morceaux quand tu le regardes s'éloigner..." |