Adiu Sud-Gironde le "village global local"

Adieu mounaque

Roman policier en ligne, feuilleton polar local, social, politique et burlesque.
Cette histoire a été écrite d'un siècle à l'autre, entre deux mondes et une récession, dans un village dont on ne sait pas si les habitants réalisent que leur monde est en perdition, que l'agriculture arrive dans le mur, que l'industrie achève sa course à la mort et que les actionnaires du CAC 40 jouent leurs vies au poker. Edith Gorren
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Dessin Edith Gorren - Adieu Mounaque. Polar en ligne.
  • Première partie :
  • Les gens de Saint-Pardon

Chapitre I : Pas de pitié pour la péraquette :

Chapitre II : Pas de printemps pour les Bazadaises :

Chapitre III : Murmures et bataclam :

Résumé
Personnages
Généalogie Poulizac

Les dessins de Adieu Mounaque

Dessins

La Galerie du peintre Edith Gorren, Bazas en Gironde.

Galerie Edith Gorren

Les micro-sites édition Menu

 
 

Partie 1 Chapitre 2-5
Adieu Mounaque- Dessin Edith Gorren

Ella marchait dans le parc, un peu à l'écart des autres filles qui jouaient au ballon. La pelouse était mal entretenue, de maigres rhododendrons poussaient entre quelques chênes qui avaient connu la vie de château, on ne pouvait pas vraiment s'y cacher mais cela permettait un semblant d'isolement, une illusion de nature qui lui rappelait la forêt de sa maison. Au fond, une grille vétuste marquait la frontière d'avec le vaste monde, on voyait des pavillons en contrebas et on entendait le grondement sourd des voitures qui passaient sur la chaussée. Ella grimpa sur la murette, s'accrocha aux barreaux et regarda l'horizon où, quelque part, vivait ce père qui viendrait un jour les chercher, Pépita et elle. Ça, elle en était sûre. Les adultes d’ici disaient entre eux qu'elle n'avait plus personne, c'était faux, méchant, il était quelque part, ignorant de ce qui leur arrivait et quand il aurait fini sa musique, il viendrait et ils partiraient tous les trois pour cette Amérique où une maison les attendait, avec de petites barrières blanches et un jardin plein de fleurs. Mais pour cela, il fallait qu'elle retourne chez elle car ici, il ne la retrouverait jamais. Elle regarda mélancoliquement les pointes qui garnissaient la grille.
- Ça craint, chuchota quelqu'un à proximité.
Ella sursauta et vit apparaître un visage de l'autre côté, tout prêt, une gosse de son âge avec des cheveux châtains dissimulés sous une capuche de sweat-shirt. Les deux gamines se regardèrent avec sérieux.
- Comment tu t'appelles ? demanda Ella.
- Mégane, comme la voiture. C'est facile à retenir. Et toi ?
- Ella. Comme la chanteuse.
- Connais pas, dit la fille. Qu'est-ce que tu as mangé, aujourd'hui ?
- Rien.
- Ils te donnent rien ? Je croyais qu'ils avaient une cantine, ça sent toujours la soupe, quand on passe à côté.
- J'ai rien mangé parce que j'ai pas voulu, dit Ella en pensant avec dégoût à la brandade de morue livrée par le camion de la ville.
- Et ben, dit l'autre, t'es bizarre, toi. Chez moi, quand je ne mange rien c'est que ma mère n'est pas là et qu'il n'y a rien.
- Moi j'ai plus de mère, dit Ella froidement.
La gamine réfléchit.
- Parfois, c'est mieux. Et un frère, t'as un frère ? Le mien il me surveille et quand je ne lui donne pas ma part, il me tabasse.
Ella médita cette information et fouilla prestement ses poches.
- Tiens, lui dit-elle en tendant un pain au chocolat un peu rassis.
Mégane s'en empara et le dévora dans l'instant.
- Ella ! cria l'éducatrice. C'est l'heure de l'atelier !
- Tu vas faire quoi ? demanda Mégane, la bouche encore pleine.
- Des collages, fit Ella sans enthousiasme. Demain il y a des frites.
- J'adore, dit Mégane avant de disparaître.

Adieu Mounaque- Dessin Edith Gorren

Rose Bordessoules passait un dimanche tranquille sans personne à la maison. Elle portait un joli chemisier décolleté avec de la dentelle et une jupe à fleurs. Dessous, elle avait mis ses sous-vêtements rouges, soutien gorge à balconnets et guêpière assortie, une petite fantaisie qu'elle s'était achetée au marché de Bazas pour éblouir son Jacquot qui lui avait demandé s’il la prenait pour un taureau landais. Vexée, elle les avait remisés au fond d'un tiroir, loin d'imaginer qu'elle pourrait les ressortir un jour. Et ce jour était venu.
A trente-huit ans, elle était encore gironde, la Rose. Un peu rondouillarde, certes, mais le mythe du mannequin est affaire de média, pas de sexe, dont la qualité est de fleurir partout où il y a bon ferment. Dernièrement, son petit jardin n'ayant point été buté comme il le méritait, il advint qu’elle se laissa alanguir par un sourire plus appuyé qu'un autre, lors qu'elle siégeait par-devers sa machine dans une mairie où elle espérait la visite des administrés comme une crémière celle du chaland qui lui prend sa demi-livre de beurre après lui avoir fait la conversation. A présent, elle attendait un homme dont l'évocation seule la faisait fondre d'émoi jusqu'à la motte et oublier toute notion de déshonneur ou de trahison et elle se disait "c'est la dure tyrannie des sens." Comme dans son feuilleton préféré qui durait depuis tant d'années que les personnages finissaient par avoir un air sénile tout en se demandant s'ils étaient amoureux de Brooke ou de sa fille, même que l'enfant qu'ils avaient fait était celui de leur grand-père mais ils ne le savaient pas parce qu'on les avait changés à la naissance.
Elle se parfuma un grand coup et affermit son rouge à lèvres. On frappa à la porte, c'était lui, son cœur battit la chamade, elle lui ouvrit. Il était tout endimanché et sentait bon l'after-shave.
- Entrez, dit-elle, je suis toute seule. Quand IL est à sa palombière, il pourrait y avoir une éruption volcanique qu'il ne s'en rendrait pas compte.
Elle se demanda si l'image de l'éruption n'était pas un peu osée mais l'homme n'y fit pas attention et la prit dans ses bras sans un mot, elle s'y amollit avec un cri de souris. Les sous-vêtements rouges firent un effet d'enfer, elle les jugea honorablement amortis quand il les ôta avec la précaution intrinsèque à son caractère méthodique.
- Oui, oui, dit-elle lorsqu'il la prit avec vigueur sur le canapé à fleurs.

Après un dîner léger, la comtesse sortit et s'en alla se promener dans le labyrinthe feuillu qui ornait le parc depuis des temps immémoriaux. Elle s'assit sur un banc de pierre qui jouxtait la vicinale. Il était au moins neuf heures mais le jour n'était pas encore tout à fait tombé. Il y eut un raclement de gorge et la voix du vieux se fit entendre.
- Non comtesse, disait-il en patois, je ne vous écouterai pas cette fois-ci. Vous allez encore me dire que ce pape a eu raison de rhabiller les curetons en soutane et ça ne nous avancera à rien. Arren du tout.
- Cher Grégoire, dit la comtesse, tout d'abord, permets-moi de te rappeler que je ne comprends pas ton jargon de sauvage et ensuite que j'ai à te parler de toute autre chose.
Elle l'avait toujours tutoyé, plutôt par droit d'aînesse que par raison sociale. Pendant la guerre, elle était une femme mariée et lui un grand adolescent. Ils avaient résisté très vite à l'occupant, pas instinct et quand les réseaux s'étaient organisés, ils avaient eu l'occasion de se rencontrer pour des actions ponctuelles, transmettre des informations ou escorter des gens qui passaient la ligne de démarcation Bazas, Langon, La Réole. Il l'avait toujours appelée "comtesse" parce que "madame" lui aurait paru trop obséquieux et Armelle trop familier. Dans sa bouche, le terme avait une note affectueuse.
- Si vous avez à me parler de toute autre chose, c'est que vous avez compris ce que je viens de dire, jubila Grégoire.
Le son passait à travers la haie de bambous sans qu'ils eussent besoin de hausser le ton. Si quelqu'un s'approchait, d'un côté comme de l'autre, ils avaient un raclement de gorge spécial pour le signaler et un deuxième pour dire "la voie est libre." Il en était ainsi depuis la Résistance et la coutume avait été conservée entre eux, aussi forte, aussi importante que les traditions ancestrales. Avec la différence qu'il n'y avait plus d'ennemis et qu'ils devenaient un peu sourds et donc moins discrets.

Adieu Mounaque- Dessin Edith Gorren

Tant que son mari vivait et qu'elle élevait ses enfants, leurs contacts étaient rares, elle venait peu s'asseoir sur le banc du fond du parc. Depuis qu'elle était veuve, elle s'y rendait une à deux fois par semaine.
Pour le moment, seul Sixte avait découvert cette habitude du haut de son promontoire. Il n'en avait pas été très surpris, se rappelant vaguement l'étrange complicité qui existait entre eux les rares fois où sa mère avait pénétré à l'épicerie avec lui. Un jour, elle lui avait même dit avec considération : "Tu sais, Grégoire Fayan ne serait pas épicier s'il pouvait encore cultiver ses terres. C'est une blessure de guerre qui l'en empêche." Elle avait ajouté solennellement : "C'est un médaillé de la Résistance." Arrivé à l'âge adulte, Sixte l'avait même soupçonnée de… à l'époque, Dieu sait ce qui se passait entre hommes et femmes dans la sauvagerie des maquis… il avait vite évacué cette idée inconvenante. Fort heureusement, se disait Sixte, chaque milieu avait eu son réseau de résistance, à la guerre comme à la ville. S'ils étaient à nouveau occupés, il préférerait mourir plutôt que d'accepter de se commettre avec un cercle de cheminots ou de Francs-Maçons. Il aurait créé un réseau clandestin appelé, par exemple, "Polo de Bagatelle" ou " Bagatelle" tout court, ça sonnait bien, une valeureuse société secrète où l'on resterait entre soi.
En public, Armelle vouvoyait Fayan, gardant l'habitude du tutoiement de jadis pour la clandestinité. Car nul ne les avait jamais vus ensemble après la guerre. Issus de deux planètes différentes, ils y étaient retournés dès l'Armistice, divisés immédiatement par la nouvelle guerre politique menée entre résistants gaullistes et communistes. Une lutte sans merci pendant laquelle les vieux collaborateurs restaient tranquillement à leurs postes, les résistants de la dernière heure pavoisaient, on épurait quelques intellectuels et on rasait les femmes qui avaient couché avec des soldats allemands. Beaucoup plus facile de se passer d'un scribouilleur ou d'une femme du peuple que d'un industriel richissime ou d'un haut fonctionnaire au courant des faits et méfaits des puissants. Pour Grégoire, c'était "la faute à De Gaulle"; pour Armelle, le général ne pouvait pas faire autrement s'il voulait éviter que la France ne finisse aux mains de ces épouvantables Rouges. Quant aux rescapés juifs des camps, ils évitèrent le sujet pendant une trentaine d'années, tant il leur paraissait indicible. Une telle atteinte à l'espèce humaine dépassait leur capacité d'entendement. Alors, comme les autres, ils se contentaient de parler de temps en temps avec émotion de quelques personnes à qui ils avaient fait passer la ligne en évitant d'approfondir la question. Mais le temps les avait rattrapés à mesure que la vie passait, abattant petit à petit les murailles du carriérisme et du mensonge. La dernière décennie du siècle avait exhumé à leur mémoire tous les massacres du passé.
Un jour, au cours des années quatre-vingt dix, elle lui avait reproché le génocide pratiqué par le bolchevique Staline et il lui avait renvoyé aussitôt le pape Pie qui avait laissé mourir les Juifs en pleine connaissance de cause. Il avait ajouté : "On savait tous où ils allaient." Après quoi ils s'étaient tus, écrasés par l'ampleur de la catastrophe évoquée.
- Comtesse ? avait-il dit au bout d'un certain temps de silence.
- Oui ? avait-elle répondu avec une petite voix.
- Vous ne pleurez pas, tout de même ?
- Si, avait-elle répondu.
Cloué sur place, il lui avait fallu un demi siècle d'habitude pour ne pas traverser la haie afin de la consoler. Armelle Gondoval de Poulizac ne pleurait jamais, mais là, elle avait pensé au musicien juif de sa jeunesse sauvé par miracle, à ces milliers de vies perdues, à la sienne qui finissait et à toutes les monstruosités que pouvaient commettre les hommes.
- Ce n'est pas de votre faute, avait-il dit pour la première fois en tant d'années.
Il l'avait entendu rire.
- Ma parole, tu deviens gâteux, mon pauvre Grégoire.
Et leur relation avait repris le ton sarcastique qui lui était habituel mais à un niveau plus subtil, plus dépouillé.
Ce dimanche soir, Grégoire Fayan finit par comprendre qu'elle avait une communication importante à lui faire.
- Ecoute-moi bien, à présent, j'ai une histoire à te raconter et crois-moi, je ne le fais pas de gaieté de cœur car cela implique ma chair et mon sang. Mais il y a des choses qu'on ne peut pas laisser faire à un ami, même si c'est un ennemi de classe…

Bertram était arrivé chez sa mère dans la soirée. Il venait toujours la saluer avant de rentrer chez lui.
- Bonsoir maman, dit-il avec un entrain inhabituel.
Malgré la route, il était toujours d'une parfaite élégance, pas un pli ne déformait son blazer et son pantalon de flanelle. Il avait juste retiré sa cravate et portait une chemise ouverte à fines rayures bleues.
Alice l'invita à prendre une collation mais il refusa, étant attendu par sa femme et ses enfants. Ils se tenaient dans la salle à manger claire où trônait une crédence joliment décorée de porcelaines fleuries et de bibelots anciens. Sur les murs, s'alignaient quelques natures mortes aux fruits et faisans colorés juste comme il faut.
- Comment va Quitterie ? demanda-t-il.
Il pratiquait ainsi, préférant savoir à quoi s'attendre au sujet des humeurs de sa femme avant de l'affronter.
- Toujours dans ses bonnes œuvres, dit-elle, sarcastique. Ce matin elle a assisté à une messe à la cathédrale, suivie d'un brunch de bonnes sœurs où il a été question d'un concert au profit du secours catholique.
- Très bien, dit Bertram, elle sera de bonne humeur, dans ce cas. Rien de tel qu'une petite messe pour la ravigoter.
- D'autant plus qu'elle a passé l'après-midi avec ses cousines préférées, dit Alice d'un air mystérieux.
Bertram marqua un silence.
- De qui veux-tu parler ?
Alice savait qu'elle tenait un scoop.
- De ta sœur et de Marina.
Il prit un air agacé.
- Qu'est-ce qu'elle fiche avec Marina ? Elles ne se voient jamais.
Alice reconnut qu'elle l'ignorait mais que d’après sa fille Vanessa, elles avaient passé une mêr-veilleuse après-midi, ceci dit sur un ton mystérieux, comme s'il était advenu quelque chose de particulier.
- Moi, dit Bertram qui avait pourtant pris la résolution de ne pas trop parler à sa mère des sujets intéressants qu'il préférait garder en réserve, j'ai aussi assisté à une chose très particulière concernant cette chère Marina.
Scoop pour scoop.

Adieu Mounaque- Dessin Edith Gorren

Alice ne se contint plus, se leva de table et se mit à tourner autour d'icelle. Sa personne tout entière frémit d'impatience. Ainsi, avec sa tenue en jeans de bonne coupe, son éternel foulard Hermès, ses chaussures de sport, ses joues roses d'excitation et sa courte chevelure blanche en bataille, elle semblait prête pour le marathon Langon-Bazas du côté des chics filles. C'était ainsi chaque fois qu'une bonne histoire s'apprêtait à échouer dans ses filets.
- Raconte, allez, raconte, dit-elle en se retenant de sautiller.
- Charles Edouard a rencontré une femme et s'est envoyé en l'air.
Alice en resta pétrifiée. C'était si beau qu'elle en aurait pleuré. Enfin !
- Plus jeune que Marina ? demanda-t-elle avec gourmandise dès qu'elle eut retrouvé ses esprits.
- Beaucoup plus jeune.
- Tu crois qu'il va la quitter ?
- Maman ! Je te parle d'une simple histoire de fesses, pas du divorce de Diana et de Charles !
- Parce que si c'est le cas, tu as intérêt à racheter sa maison ! En ce moment, il n'y a plus rien sur la commune ou presque, tu comprends bien qu'il ne faut pas laisser n'importe qui s'installer et que nous ne pouvons pas nous permettre, dans notre position de… enfin, cette Marina n'était vraiment pas représentative de la famille, je sais de quoi je parle car pas plus tôt que cette semaine elle m'a encore manqué de respect et je te promets qu'il fallait vraiment que ce soit la femme de Charles Edouard pour que je…
Bertram s'en voulu de ne pas avoir résisté à la tentation de parler.
- Mère, dit-il, solennel.
Elle se tut, surprise.
- Mère, je vous demande de me promettre de n'en parler à personne.
- Comment peux-tu me demander une chose pareille ! Moi qui ne divulgue jamais au dehors les histoires de famille !
- MEME et surtout dans la famille, dit Bertram avec autorité.
- Très bien, dit Alice, boudeuse, mais alors dis-m'en plus.
- Plus ? Mais je n'ai pas été leur tenir la chandelle !
- D'accord mais dis-moi comment tu es au courant.
Il lui raconta qu'il y avait engagé une nouvelle commerciale fort bien faite quoique assez vulgaire et qu'il les avait vus de ses propres yeux entrer à l'Hôtel de la Plage dès leur première rencontre. Leur manière de se tenir était rien moins qu'indécente.
- Charles Edouard n'a plus aucun sens commun ! s'exclama Alice. Quelqu'un d'autre aurait pu les voir.
- Aucun sens commun, seulement du sens-uel, dit Bertram.
Il éclata d'un gros rire puis s'excusa auprès de sa mère qui le regardait, navrée.
- Nous ne devrions jamais aborder de tels sujets ensemble, mon fils, dit-elle avec raideur car elle abhorrait les plaisanteries salaces.
Il évita de lui rappeler qu'après tout, c'était elle qui avait insisté pour avoir des détails, l'embrassa et partit rejoindre sa femme bien-aimée.
Dès qu'il eut démarré, Alice se dirigea à pas lents vers son salon bureau, le visage illuminé de cette lumière qu'on voit aux poètes lorsqu'ils sont visités par la muse. Entre son premier projet de balancer Castaing qui fabriquait du purin d’ortie lui-même et l'adultère de son neveu, elle n'hésita pas un seul instant.

 modif | admin • màj : 25 avril 2008 à 18h53