Adiu Sud-Gironde le "village global local"

Adieu mounaque

Roman policier en ligne, feuilleton polar local, social, politique et burlesque.
Cette histoire a été écrite d'un siècle à l'autre, entre deux mondes et une récession, dans un village dont on ne sait pas si les habitants réalisent que leur monde est en perdition, que l'agriculture arrive dans le mur, que l'industrie achève sa course à la mort et que les actionnaires du CAC 40 jouent leurs vies au poker. Edith Gorren
 Contact avec l'auteur. -> mailto:lejardindesarts [arobase] orange [point] fr

Dessin Edith Gorren - Adieu Mounaque. Polar en ligne.
  • Première partie :
  • Les gens de Saint-Pardon

Chapitre I : Pas de pitié pour la péraquette :

Chapitre II : Pas de printemps pour les Bazadaises :

Chapitre III : Murmures et bataclam :

Résumé
Personnages
Généalogie Poulizac

Les dessins de Adieu Mounaque

Dessins

La Galerie du peintre Edith Gorren, Bazas en Gironde.

Galerie Edith Gorren

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Pas de pitié pour la péraquette

Première partie - chapitre 1

8

François avait pris sa vieille 2CV, celle dont il se servait pour aller dans la forêt et il roulait à présent comme un bolide, enfin, le plus vite possible sur le chemin mal entretenu de la Gatouneyre. Gatouneyre, ça voulait dire chatière mais aussi orifice par lequel entre la mauvaise fée, c'est bien connu. Il avait toujours dit que c'était un endroit maudit, un bout du monde. Lorsqu'il s'arrêta devant la maison en faisant couiner ses freins, la façade décrépie, l'aspect abandonné du jardin envahi de mauvaises herbes et de ronces, accentuèrent encore son impression. C'était un lieu pittoresque mais écrasant, tant on avait planté les pins à proximité de l'habitation contre toute logique, en supprimant l'airial, cette grande clairière entourée d'arbres aux feuilles caduques qui donnait aux fermes de la forêt des Landes leur caractère de paix et d'éternité. La maison, une landaise assez jolie dont on avait repeint les volets en vert, était plongée dans l'ombre la plus grande partie de la journée, ce qui avait certainement un avantage l'été mais rendait un sinistre effet d'aquarium l'hiver.

François pénétra dans la cuisine dont la porte était ouverte, un froid glacial y régnait. Il parcourut les lieux d'un coup d'œil.
- Que lou diable es aco ? Pas gai. Quand je pense au prix que ce salopard demande à ses locataires...
La cuisinière à gaz, les éléments en formica encastrés qui dataient de l'après-guerre, la table rustique en bois blanc sur laquelle il n'y avait que quelques miettes de pain dur, la belle cheminée de pierre noircie, éteinte, sur laquelle tranchait la tache blanche d'une lettre fermée.

Il sursauta parce qu'un chat noir avait détalé d'un coup par la porte entrouverte. Ce n'était que le gat de la Gatouneyre. "Laminou", qu'il s'appelait. Il le savait parce qu'il entendait souvent la voix aiguë de Milène l'appeler de l'autre côté du ru. Cette petite vallée était une véritable caisse de résonance.

- Madame Jacquet ! Vous êtes là madame Jacquet ?
Là-haut, un volet grinçait. Il crut entendre quelqu'un, pensa qu'elle s'était fait agresser et prit machinalement le couteau de cuisine qui traînait sur la table. Réflexe de chasseur.
- Madame Jacquet ! dit-il encore d'une voix normale, pour tromper l'ennemi.
Il monta les marches silencieusement, comme un vrai félin, malgré son poids.
La première chose qu'il vit dans la chambre fut la chatte aux poils tout hérissés qui ne savait pas si elle devait faire confiance à l'inconnu ou se jeter sous le lit.
- Laminou... fit-il.
Puis il tourna la tête, vit Milène et se mit à trembler si fort que lorsqu'il se servit de son couteau pour couper la corde, ce fut avec une grande maladresse.
Et pourtant elle n'était pas lourde.

 modif | admin • màj : 25 mai 2007 à 18h05